Hahaaaa, le voleur qui crie au voleur? Si pour certains de nos obscurs devanciers, le journalisme mène à tout, en particulier, à vendre son âme aux puissants du moment, à tronquer sa plume contre des espaces sonnantes et trébuchantes, pour beaucoup dans notre génération, libre et responsable, ce métier à la fois ingrat et noble requiert un effort d’exigence envers soi et les autres ainsi que de la vertu à en revendre.
Se faire connaître, n’importe comment, pour profiter des autres, sans vergogne, et imposer le respect par son courage et ses convictions dans le débat public, font deux.
S’afficher chaque fois parfois avec sa famille aux côtés de Chefs d’Etat et fréquenter fièrement les palais, pour un journaliste même à la retraite, sans aucune envergure est plus suspect et troublant que d’user de sa liberté de parole et de conscience pour dénoncer les imposteurs et les arnaqueurs invétérés. L’obsession des postes , la soif de reconnaissance ou la nostalgie d’une fonction perdue pourraient-elles justifier tous les faux errements, les actes d’indignité ?
Le même qui pleurnichait d’avoir été trahi, renvoyé fait maintenant le fier comme un paon d’être reçu , chez l’homme qui est son héros ou passe pour son bourreau selon les circonstances.
Chacun est libre de choisir sa voie : la nôtre est celle de l’honneur quand d’autres voudraient connaître le destin de la feuille morte sans attache ni repères.
Rira bien qui rira le dernier.
Marouane, éditorialiste.
