Au cours d’une conférence de presse animée ce mercredi 13 mars 2024, à la maison commune des journalistes sise à Conakry, l’AVCB et le COJEDEV ont procédé à la projection d’un magazine sur les violences politiques en Guinée. Un magazine qu’ils ont réalisé conjointement dans le cadre du projet dénommé ‘’prévention des violences et des consultations communautaires en Guinée’’.
Prenant la parole à cette occasion, le président du COJEDEV, Boussouriou Diallo a expliqué le bien-fondé de la réalisation de ce documentaire.

‘’Dans le cadre de ce projet, il nous a été demandé de travailler sur les questions mémorielles. Et nous avons avec l’AVCB, pensé donner la parole à 15 victimes potentielles, des rescapés, des survivants et survivantes des différentes violations des droits de l’homme que nous avons connu depuis le premier régime. Notre démarche a consisté à travailler sur des questionnaires chez les victimes dans les environnements sécurisés pour leur permettre de vider leurs cœurs, pour leur permettre de narrer leurs récits et leur permettre d’exprimer leurs vécus sans haine et sans rancœur pour que l’opinion nationale et internationale sache que dans notre pays, il y a eu des faits qui se sont produits, sur lesquels, on ne peut pas passer si on veut vraiment une nation. C’est pourquoi, nous projetons aujourd’hui ce documentaire pour que l’opinion nationale et internationale sache qu’il y a toujours des personnes en Guinée qui vivent avec les séquelles des violences politiques qui ne demandent que la réhabilitation’’, a-t-il déclaré.

De son côté, Abdoulaye Conté, président de l’Association des Victimes du Camp Boiro est revenu sur les séries de violences qui se sont succédées en Guinée depuis le premier régime. ‘’C’est important de savoir que les violences d’Etat en Guinée ne commencent pas après notre indépendance. L’année la plus sombre en Guinée, l’année 1854. C’est en 1954 que les violences politiques ont commencé en Guinée. Lorsqu’il y avait la lutte entre les différents partis politiques. Elle a été violente cette année. Elle est considérée par les historiens comme l’année la plus violente. Et donc, après l’indépendance, de 1958 jusqu’en 1983, sous les gouvernements du PDG, nous n’avons connu que des violences d’Etat, à travers les différents fallacieux qui ont été dénoncés par le régime de Sékou Touré et à travers lesquels complots, il a profité pour faire la purge de toute l’intelligentsia guinéenne.
Après cette période, nous avons aussi l’année 1985 où il y a eu des violences d’Etat. Les tenants de l’ancien régime n’ont pas aussi été jugés, eux aussi, ils ont été passés sous les armes par les militaires. Après 1985, on se rappelle encore de 2006 à 2007 et après ça, il y a le 28 septembre 2009 et après sous le régime de Alpha Condé. Donc, ces violences d’Etat qui ont commencé depuis le premier régime, continuent jusqu’à aujourd’hui dans notre pays. Donc, si nous ne prenons pas garde, nous allons perpétuer ces violences là’’, a prévenu le président de l’association des victimes du camp Boiro.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
