Le bras de fer entre le locataire de la primature, chef du gouvernement, Dr. Bernard Goumou et le ministre d’Etat en charge de la justice, Alphonse Charles Wright, continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion. Cette actualité ne passe pas inaperçue aux yeux des citoyens dans la commune urbaine de Kankan.
Rencontrés ce mercredi 14 février, les acteurs de la société civile du Nabaya ont exprimé leurs points de vue sur cette affaire qui défraie la chronique en ce moment. Bangaly Sylla, coordinateur régional de Guiving Way à Kankan, pense que le ministre de la justice, doit plutôt mettre de l’eau dans son vin.
‘’Il doit diluer son jinjin. Depuis qu’ils sont venus pouvoir, ce ministre ne fait qu’émettre des injonctions. Mais où on en est avec les premières injonctions qui ont été émises ? A un moment donné, il faut faire une auto-évaluation et faire une étude rétrospective des activités, c’est très important. Mais les gens sont en train de croupir dans les prisons par faute de preuves, les procès ont de la peine à se tenir. Vous voulez engager quel autre bras de fer judiciaire ? Faites d’abord de la lumière sur les premières injonctions qui ont été émises. Le premier ministre est dans son droit de prendre sa responsabilité face à certains agissements’’, a-t-il assuré.
Pour Sékou Aïcha Cissé, un autre activiste à Kankan, cette histoire est juste une façon d’amuser la galerie. Car selon lui, ‘’pendant que la population guinéenne est en train de nager dans un fleuve de désespoir chronique, et une pauvreté qui ne dit pas son nom, et qu’on est en train de voir ces communications erronées par apport une injonction judiciaire que le ministre de la justice a intenté contre les DG, DAF et les collectivités locales, c’est un truc pour amuser la galerie. C’est bien que le premier ministre ait rappelé à l’ordre le ministre de la justice. La priorité doit être le retour à l’ordre constitutionnel’’, a-t-il réagi.
Quant à Sékouba Traoré, coordinateur régional de la Maison des Associations et ONG de Guinée à Kankan, cette cacophonie est un conflit d’intérêt et de compétence.
‘’Vous savez dans ce pays, il doit y avoir le minimum de respect entre les institutions. En prenant une décision qui puisse intéresser les populations, ils doivent préalablement faire des entrevues, un large consensus entre les différents départements ministériels. Et le premier ministre doit donner son avale. Voilà comment ça doit se passer en temps normal. Mais ça, c’est tout simplement un jeu d’intérêt au sommet du pays’’, a-t-il déploré.
La grosse question que l’on se pose à présent : Jusqu’où ira ce bras de fer entre le premier ministre, chef du Gouvernement et son ministre de la justice. En tout cas, la Présidence de la République a été saisie à travers une correspondance de la Primature.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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