Depuis plus d’un mois, tout comme d’autres parties de la Guinée, la ville de Kindia est plongée dans une situation de coupure du courant de 06h à 16h. Une situation que bon nombre de citoyens ignorent la raison. Ce qui ne reste pas sans conséquence sur les activités de nombreuses personnes. C’est le cas par exemple des soudeurs, qui n’arrivent plus à travailler pendant la journée.

Rencontré dans son atelier au quartier Caravansérails, dans la commune urbaine, Maître Mohamed Sylla, président des soudeurs de Kindia, explique le calvaire dont ils sont confrontés.
‘’Vraiment, la situation que nous vivons aujourd’hui est très difficile. Vous voyez, nous sommes assis comme ça, il n’y a pas de courant et si on prépare par exemple une fenêtre ou une porte, il faudrait attendre jusqu’à l’arrivée du courant pour terminer le travail. Dès fois, ça nous prend jusqu’à 4 à 6 jours pour finir un travail. Sinon, normalement, avec une porte, on fait 4 à 5heures de travail, mais actuellement, on peut faire une semaine ou bien rester toute la nuit à travailler.
Avec les apprentis, après avoir préparé les matériels, ils sont obligés de rentrer et revenir après si le courant revient. Et dès fois, je suis obligé de retenir 2 ou 3 apprentis ici, jusqu’à 23h ou 00h, c’est très difficile. Alors que nos factures d’électricité varient entre 800 000, 900 000, 1 200 000 jusqu’à 2 300 000 de francs guinéens dans certains ateliers.
On souffre vraiment avec ce manque de courant, on demande de nous aider à régler cette situation, sinon, ça ne va pas nous arranger, car nous vivons du quotidien. Ce que nous gagnons aujourd’hui, c’est ça que nous mangeons’’, a déclaré le président des soudeurs de Kindia.

Même constat dans cet autre atelier situé au quartier Gare, où nous n’avons trouvé aucun travailleur. A cause de l’absence du courant, tous les apprentis sont chez eux, en attendant l’arrivée de cette denrée devenue rare dans le pays.
‘’Actuellement, quand le courant part à 06h, il ne revient que vers 16h ou 17h. Vraiment, cela nous impacte beaucoup, parce qu’on travaille la nuit au lieu de la journée. Quelqu’un peut venir te donner un marché et de lui faire rapidement, mais s’il n’y a pas de courant, ça ne va pas marcher. Donc, tu es obligé de partir chez ceux qui ont des groupes électrogènes, on les paie pour que ton travail soit fait. Avant, le travail qu’on faisait 4 à 5h aujourd’hui, il nous faut 3 à 4 jours’’, a déploré Abdoulaye Soumah.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
