500 millions de francs guinéens, c’est le montant proposé par le ministre de la justice, comme récompense à toute personne qui fournira des informations fiables, permettant de localiser le fugitif Claude Pivi. Cette actualité qui avait défrayé la chronique il y a quelques mois, semble être devenue un lointain souvenir pour les citoyens de la ville de Mamou. Des citoyens qui, pour la plupart, n’en parlent point.
Du samedi 20 janvier 2024 jusqu’à ce mardi 24 janvier, quelques citoyens que nous avons interrogé n’ont daigné se prononcer sur cette question, qui pour eux, n’a plus de raison d’être évoquée. Sauf quelques-uns dont cet adulte Alhassane Sow, rencontré en plein centre-ville.
‘’Ah mon frère, posez d’autres questions à la population que de telle chose. L’affaire Pivi ce n’est plus d’actualité ici à Mamou. Et nous ne voulons même pas que les autorités ou les radios en parlent encore ça ici. Pourquoi ? Parce que simplement c’est une peine perdue. On a des problèmes dans ce pays plus sérieux que de s’attarder à de tel enfantillage pour distraire le peuple. Sinon, imaginez-vous avant le début de ce procès du 28 septembre. Quelles sont les dispositions que les mêmes autorités de la transition ne nous ont pas dit à la télévision et dans les radios, avoir pris pour que tout se passe bien. Maintenant, un matin, on voit que Pivi n’est plus dans sa cellule. Qui on doit demander ou responsabiliser ? C’est carrément eux qui n’ont pas bien sécurisé les choses là-bas. En tout cas, nous à Mamou ici, tout le monde a oublié ça. C’est une peine perdue, passons à autre chose, le pays est en retard’’, a-t-il souligné. Alors que de son, Mohamed Samoura, un autre citoyen croisé a laissé entendre que ‘’si un des détenus a pris la fuite à la maison centrale, ça, il n’y pas de débat autour.’’ ‘’Et, c’est aussi insultant à mon avis de dire aux citoyens de donner l’information sur la position de Pivi’’, fustige-t-il.
Et d’ajouter: ‘’Charles Wright est le ministre de la justice et garde des sceaux. Et ce n’est pas pour rien qu’on lui dit garde des sceaux. C’est que, toutes les maisons de détentions de l’État guinéen, c’est à lui de veiller dessus très bien. Mais si d’abord la maison centrale que son département doit sécuriser plus que même les autres prisons en Guinée, il laisse une sécurité qui ne joue pas pleinement son rôle, ça, c’est lui seul qui doit rendre compte. Moi ceux qui ont perdu la vie ce jour-là, ce sont ces personnes que moi je pleure. Mais 500 millions pour donner des informations sur Pivi, je m’en fout ! Ils ont des services de renseignement, ceux-ci n’ont qu’à partir chercher Pivi, c’est simple que de mêler les citoyens à ça, ou demander à ceux qui sont à Conakry de les aider. Et vous même monsieur le journaliste, je vous ai vu à distance en train d’aborder les gens sur cette question, mais aucun n’a accepté de se prêter à vos questions, à mon avis. C’est parce que nous à Mamou ici, en tout cas, je ne connais pas d’autres préfectures, nous avons des problèmes personnels à régler, au lieu de continuer à bavarder sur comment retrouver Claude Pivi. Moi qui suis devant vous comme ça, je suis sorti chercher comme ça 10.000 GNF, pour compléter ma dépense de demain’’ a-t-il dit.
Kadiatou Bobo Sall est une vendeuse ambulante au marché avaria de Mamou. Pour, ‘’ce qui nous préoccupe chaque jour dans ce pays, c’est comment nourrir nos enfants. Moi, je ne vais pas me lancer à la poursuite d’un fugitif comme Pivi, ni informer où il se trouve. D’ailleurs, est-ce que vous entendez à longueur de journée les gens parler de ça ? Alors, comprenez que personne n’a besoin de ce sujet ici à Mamou’’, a-t-elle mentionné.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 626 013 546
