C’est désormais un sale temps pour la presse guinéenne. Suite à une manifestation pacifique appelée par le SPPG, Sékou Jamal Pendessa, le secrétaire général du syndicat des professionnels de la presse de Guinée, a été arrêté vendredi et placé sous mandat de dépôt le lundi dernier.
Face à cette situation regrettable, les organisations de la société civile, les acteurs politiques et les professionnels des médias continuent de condamner les agissements des autorités de la transition. C’est le cas, par exemple, d’Alpha Bayo, coordinateur national de la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG).
Joint au téléphone par une Journaliste de notre rédaction, le coordinateur national de la MAOG a affirmé que cette interpellation du général Pendessa est un recul démocratique. ‘’Puisque tout pouvoir qui s’acharne contre les médias, on connaît bien la suite aujourd’hui. Quand vous faites un recours à la charte de la transition, c’est pour garantir la liberté de presse et l’exercice de la liberté d’expression. Mais c’est tout le contraire que nous vivons aujourd’hui. C’est une panique totale au sommet de l’État, vu que le mouvement a pris de l’ampleur avec un soutien majeur notamment du côté du FNDC, de la société civile, du mouvement social et des organisations syndicales. C’est tout ce qui a paniqué l’État’’, a-t-il souligné.
Poursuivant son intervention, il a laissé entendre que le général Pendessa est une patate chaude, car selon lui, des organisations internationales ont commencé à tirer la sonnette d’alarme.
‘’Il y a des représentations diplomatiques, les organisations de la société civile qui ont déjà commencé à sonner la sonnette d’alarme. Ce qui reste clair aujourd’hui, on peut arrêter le général Pendessa, mais j’avoue qu’il y a des millions de Pendessa aujourd’hui qui sont prêts à mener le combat. Parce qu’on ne peut pas accepter qu’on continue de museler la presse et qu’on continue de restreindre l’accès à l’Internet’’, a-t-il averti.
Plus loin, il n’a pas manqué de souligner que pendant que d’autres États créent les bonnes conditions pour la conquête du 5G et l’amélioration de l’Internet, ‘’chez nous, c’est le contraire’’. Donc, enchaine-t-il, ‘’on ne peut pas accepter cette restriction de nos libertés. Aujourd’hui, cette restriction impacte toutes les activités économiques du pays. Non seulement il y avait une crise, mais cette restriction aggrave la situation économique de la Guinée.’’
Annonçant une importante réunion des 13 centrales syndicales qui se tiendra demain, Alpha Bayo assure que la MAOG, en tant qu’organisation de la société civile, restera vigilante et suivra strictement les décisions qui en découleront.
‘’Nous, en tant qu’organisation de la société civile, restons en veille et nous attendons les grandes décisions qui en découleront. Nous allons suivre et mettre en application strictement toutes les décisions qui seront issues de cette rencontre’’, a-t-il prévenu.
Pour clore son intervention, Alpha Bayo, le coordinateur national de la MAOG, a annoncé également la mise en alerte de toutes les antennes de la MAOG en vue d’une prochaine manifestation, axée sur la libération du général Pendessa, la restauration de l’accès à Internet et la préservation de la liberté des médias.
‘’Nous avons mis en alerte toutes nos antennes, et la prochaine manifestation qui sera annoncée sera pour trois choses : libérer le camarade Pendessa, libérer l’Internet, bien sûr, et libérer les médias’’, a-t-il conclu.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
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