La pression grandissante sur les journalistes en Guinée a atteint des proportions personnelles alors que Gnamoi Kourouma, l’épouse de Malick Diakité, éminent correspondant de France 24 en Guinée, se retrouve au centre de menaces de mort. Accusée via des appels anonymes de complicité dans la supposée manipulation médiatique, la situation a atteint un sommet alarmant après leur retour de France le 16 janvier 2024.
Contrainte de se réfugier chez des proches par mesure de sécurité, la famille Diakité tente désespérément de reprendre une vie normale malgré la persistante menace. Cette histoire poignante reflète les défis croissants auxquels font face les journalistes en Guinée, mettant en évidence l’impératif de protéger la liberté de la presse dans le pays.
Le 16 octobre 2023, après une journée de travail, les menaces ont commencé à l’encontre de Malick Diakité, avec des appels anonymes l’accusant de manipuler l’information pour le compte de France 24.
Le 16 janvier 2024, de retour en Guinée après un court séjour en France avec ses deux plus jeunes enfants, la famille Diakité a été confrontée à une menace plus directe. Un appel, avec un ton sans équivoque, visait Gnamoi Kourouma, informant qu’ils étaient au courant de leur retour de France et proférant des menaces de mort si elle ne parvenait pas à convaincre son mari d’arrêter de « prendre l’argent de la France pour mentir sur France 24 ». Le traumatisme résultant de cet appel a marqué la famille, les poussant à prendre des précautions extrêmes. la famille a pris la difficile décision de se réfugier chez des proches, dans la grande famille à Gbéssia près de l’aéroport, pour assurer leur sécurité.
Le mercredi 17 janvier 2024, de retour chez eux à Lambagni, ils ont découvert que leur domicile avait été fouillé. La chambre était dans un état déplorable, les effets personnels mis sens dessus dessous.


Gnamoin Kourouma, émue, exprime son désarroi face à cette situation inexplicable : « Je suis vraiment perdue. Mes enfants ne vont plus à l’école. Pourquoi veulent-ils nous tuer ? Qu’avons-nous fait ? Mon mari est journaliste, c’est son travail. Pourquoi tout cela contre nous dans notre propre pays ? ». S’interroge la femme du journaliste Malick Diakité.
Ces menaces s’inscrivent dans un contexte où la liberté d’expression est de plus en plus restreinte en Guinée. Les fréquences de plusieurs médias privés critiques envers la junte au pouvoir ont été brouillées, retirées du bouquet canal.
En outre, la réduction de l’espace d’expression due à la restriction d’Internet soulève des préoccupations croissantes. L’expulsion du journaliste français Thomas Dietrich et l’arrestation de plusieurs journalistes lors d’une manifestation contre les violations de la liberté de la presse témoignent d’une situation alarmante qui nécessite une attention internationale.
