Le phénomène de viol prend une tournure inquiétante dans la région forestière, en ce début d’année 2024. Après le récent cas de viol mortel sur une vieille femme à Guéckédou, la préfecture de Kissidougou vient d’enregistrer son premier cas de viol de ce nouvel an.
La victime est une collégienne âgée de 14 ans, orpheline de mère qui vit avec sa tante au quartier Limania. Curieusement, le présumé auteur de cet acte ignoble n’est personne d’autre que l’oncle paternel même de la fille. Aussitôt saisi, l’Oprogem-Kissidougou a procédé à l’interpellation de l’accusé pour le mettre à la disposition de la justice. Capitaine Soumah Abdoul Karim, représentant de l’OPROGEM (Office de Protection Genres Enfance et Mœurs) à Kissidougou revient sur le rôle joué par sa structure dans ce dossier.

‘’Effectivement, j’ai été saisi, précisément le 14 janvier par un agent de la police. Sans plus tarder, j’ai rencontré et écouté la victime. Alors, je me suis rendu dans la famille. Donc, une fois en famille, la tante de la fille a confirmé les faits et elle a déclaré que c’est l’oncle de la fille qui en est l’auteur. Alors, j’ai fait une réquisition en médecin à l’hôpital préfectoral et le certificat de visite a révélé une défloration récente causant des anomalies sur les parties génitales. Le même jour, nous avons interpellé le suspect, il a été entendu sur procès verbal et directement déferré au TPI de Kissidougou’’ a déclaré le jeune officier de police.
Sur la fréquence des cas de viols à Kissidougou, l’officier précise. ‘’Les cas de viols sont très récurrents à Kissidougou surtout ces derniers temps. Au moins par mois, je peux recevoir 2 à 3 cas et la plupart des victimes ont moins de 18 ans. C’est pourquoi, je profite de votre site pour interpeller les responsables de familles à non seulement veiller sur les jeunes filles, mais aussi de ne surtout pas gérer les cas de viols en dehors des structures compétentes, de déclarer toujours à notre niveau, car cela nous permettrait de quantifier les cas, mais aussi de punir les auteurs selon la loi’’, a-t-il insisté.
Comme à l’accoutumée, dans les questions de défense des droits des femmes et des enfants, la présidente de l’ONG Actions Femmes et Développement, également secrétaire de YAP-Guinée s’est mise sur pied pour assurer le suivi de la jeune fille victime en ce qui concerne son traitement médical et son soutien psychologique dans ces moments difficiles. L’activiste engagée madame Dilmah Amezonli retrace les moments forts de l’accompagnement de sa structure en faveur de la victime.

‘’Moi c’est hier j’ai été saisie par l’OPROGEM sur ce malheureux cas et sans hésiter, je me suis impliquée au nom de ma structure et de mon ONG, pour accompagner cette jeune élève qui traverse un moment difficile suite au viol dont elle est victime. Donc, après l’explication de l’officier de l’OPROGEM, j’ai récupéré l’ordonnance prescrite à cet effet, pour me battre pour les produits. Alors, je suis rentrée en contact avec Mamady Mansaré de CECOJE et M. le Maire de la commune urbaine. Donc, avec leurs efforts conjugués, nous avons pu avoir tous les produits prescrits. Mais j’avoue que la fille est abattue mentalement, elle n’a même pas osé se rendre à l’école en cette période des compositions, mais heureusement, nous sommes à ses côtés pour la rassurer. Pour l’instant, le tribunal a mis la fille à notre disposition jusqu’à la fin des enquêtes. Je remercie M. le maire pour son implication personnelle et je lance un appel à la société guinéenne en générale, de prendre à bras le corps la protection des jeunes filles, si nous voulons faire de notre Guinée un paradis’’, a-t-elle déclaré.
Au Tribunal de Première Instance de Kissidougou, l’empereur des poursuites, Aly Badra Komah rassure les uns et les autres que la procédure est déjà enclenchée dans ce dossier et qu’elle ira à son terme.

‘’C’est un dossier qui est déjà à mon niveau. Selon les premières enquêtes, c’est l’oncle qui viole sa nièce avec laquelle, il partage le même bâtiment. Donc, l’oncle en question a profité de l’absence des autres parents pour s’introduire nuitamment dans la chambre de la victime pour abuser sexuellement d’elle. Pour l’instant, les enquêtes sont bouclées au niveau de la gendarmerie et comme le viol c’est une infraction criminelle, le prévenu est déjà au gnouf, même si le cabinet d’instruction va approfondir l’enquête. Pour le moment, le plus important pour nous, c’est comment protéger la fille victime, parce qu’elle a droit à son honneur, à sa dignité et à son image. En tout cas, je tiens à rassurer tout le monde que le droit sera dit dans ce dossier sans état d’âme, dès lors que le viol sur mineur est une situation aggravante’’, a-t-il insisté.
À noter que le Procureur dans sa déclaration, a regretté le fait que la plupart des parents auraient démissionné dans l’encadrement des jeunes filles qui sont souvent naïves, fragiles et plus exposées à toutes sortes d’abus en dehors de la protection parentale, qui selon lui, est la première barrière contre le phénomène de viol qui monte en flèche.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
