Les conséquences de l’incendie enregistré au dépôt d’hydrocarbures à Kaloum s’étendent au-delà des périmètres de la capitale guinéenne. À Kissidougou, la porte d’entrée de la région forestière, les détenteurs d’engins roulants ont très tôt rallié en grand nombre les différentes stations-services de la ville. Objectif : se ravitailler en carburant afin de se mettre à l’abri d’une éventuelle crise.
Aussitôt, des longues queues de motards et d’automobilistes se sont formées devant les stations-services occasionnant souvent de vives tensions entre pompistes et clients. Face à cette situation préoccupante, les autorités administratives ont décidé de prendre les taureaux par les cornes, en convoquant d’emblée une réunion de crise autour du cabinet du préfet, élargie aux gestionnaires des stations-services, dans le but d’éviter les spéculations au niveau des prix comme on l’a connu dans le passé.

Au sortir de cette réunion d’urgence, le Maire de la commune urbaine de Kissidougou, Yomba Sanoh s’est rendu lui-même à la Station Total du centre-ville bondée de monde, pour annoncer des nouvelles mesures prises. L’élu local s’est adressé à la foule en ces termes. ‘’Je pense bien chacun de vous est informé de la triste nouvelle qui vient de notre capitale. Alors, ici à Kissidougou, nous sortons d’une réunion avec les patrons des stations. Nous avons ordonné d’arrêter toute vente de carburant dans les stations. Mais retenez que cette mesure n’est que conservatoire, peut-être d’ici quelques temps, nous allons autoriser la vente à nouveau. D’ici là, nous allons sillonner toutes les stations pour connaître le stock de chacune d’elles. Vous devez comprendre que toutes les préfectures autour de nous ont décidé de fermer les stations, donc, si nous on continue à vendre, finalement, nous serons en crise, car les gens vont quitter Guéckédou ou Faranah pour venir se ravitailler ici’’, a-t-il souligné.
Apparemment, cette décision des autorités d’arrêter les services dans les stations de la ville est diversement appréciée par les usagers de la route. Fatoumata Mady Traoré est un conducteur de moto-taxi. Pour lui, cette décision des autorités est à saluer.

‘’Moi je pense que les autorités sont en train de prendre le devant dans cette affaire, pour éviter la crise, parce que on se connait ici. Beaucoup de businessmans veulent profiter de cette situation pour acheter le carburant à la station, afin d’aller revendre dans les quartiers à des prix exorbitants. Malgré que mes activités seront affectées aujourd’hui, j’accepte cette décision pour le bonheur de toute la population’’, a-t-il déclaré.

Quant à Djiba Kourouma, chauffeur sur la ligne Kissidougou-N’zérékoré, il estime que cette décision contribue d’ailleurs à envenimer la situation. ‘’Moi je n’ai rien compris de cette décision. Je pense qu’on devrait privilégier ceux qui font les longs voyages. On a des passagers qui sont malades et il y en a qui ont des urgences, mais si on n’a pas de carburant, on ne peut pas bouger. Le matin, ils ont ouvert les stations pour les gens des marchés noirs, maintenant, nous autres sommes abandonnés à nous-mêmes. Je crois que les chefs ne sont pas de bonne foi’’, a-t-il déploré.
Au moment où nous mettons cette dépêché en ligne, la mesure de fermer les stations-services est toujours en vigueur à Kissidougou. Et cela, jusqu’à nouvel ordre tel que indiqué par les autorités administratives.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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