Après le chapitre des restrictions des sites d’information (Inquisiteur et Guineematin.com), ce sont les radios Espace FM, FIM et le groupe Djoma Médias qui sont dans le viseur des autorités de la transition. Depuis plus de 24h, Djoma TV et Djoma FM ont été retirés du bouquet Canal+ sur instruction du Président de la Haute Autorité de la communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, sans aucun avertissement, ni préavis.
Interrogé par nos confrères d’Espace TV, le secrétaire général du syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a laissé entendre qu’il a l’impression que la HAC n’est pas indépendante.
‘’Ils ne sont pas en train de le reconnaître, mais elle n’est pas indépendante, et le doyen vient de le confirmer, même s’il ne le dit pas ouvertement. Quand vous analysez ces propos, vous comprendrez directement qu’ils ont reçu un ordre, car s’il y avait des menaces de sécurité nationale, la HAC est mieux placée pour le savoir. Il vient même d’évoquer le système de Monitoring qu’ils ont là-bas, et ils sont capables d’écouter une quarantaine d’émissions en même temps. Donc, il devrait être le premier à alerter que Djoma tient des propos menaçants pour la sécurité nationale’’, a souligné Sékou Jamal Pendessa.
Poursuivant, il a également ajouté ceci : ‘’Moi, je pouvais comprendre bien que ça ne soit illégale, qu’un ministre prenne une telle décision et le fasse en catimini. On aurait dit qu’il s’est caché pour le faire, car la loi ne lui reconnaît pas d’interdire un média. Mais la HAC sait clairement que c’est elle qui rédige la loi. La loi reconnaît à la HAC de sanctionner, voire de retirer une fréquence. Alors pourquoi cette manière de faire? Il fallait le faire à visage découvert.
S’il n’y avait pas cette fuite de ce courrier, est-ce que la HAC aurait même évoqué cette situation à la place publique aujourd’hui? Maintenant, on pense à tenir une plénière au cours de laquelle, vous allez décider de convoquer ou pas Djoma. Vous imaginez depuis avant-hier, la décision produit ses effets négatifs. Cela veut dire qu’il y a un problème de bout en bout’’, a-t-il fustigé.
Dans un autre pan de sa communication, le secrétaire général du syndicat des professionnels de la presse de Guinée, a interpellé la HAC en ces termes : ‘’Une fois encore, je lui donne ces conseils, car je sais qu’il est très accessible, très attentif à tout ce que nous disons, bien qu’il y ait des pressions de l’autre côté. Mais il peut, en toute connaissance de cause, convoquer tout de suite une plénière à 11h, au lieu de craquer sur la question de savoir s’il faut convoquer Djoma ou pas. Il faut plutôt dire à la plénière là-bas, faisons une autre lettre, adressons-la à Canal+ pour remettre Djoma’’.
Enfin, pour clore son intervention, il a également ajouté ceci : ‘’Le doyen, c’est un ami, comme il l’a dit, il ne peut pas nous effrayer, nous ne pouvons lui effrayer. On s’est dit des vérités, donc, il doit assurer les 50 % des combats que nous sommes en train de mener. C’est pourquoi, le jeudi prochain, nous irons à la HAC pour un Sit-in, et nous espérons qu’il sera parmi les manifestants’’, a-t-il déclaré.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
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