Après deux ans passés à la tête du pays, la junte au pouvoir en Guinée ne semble pas du tout avoir l’ambition de léguer le pouvoir au civil. En tout cas, si l’on s’en tient au chronogramme de la transition, qui doit prendre fin dans les conditions normales en décembre 2024, alors qu’à date, rien de concret n’a été fait par le CNRD, pour mener le bateau à bon port.
Comme d’autres acteurs sociopolitiques, la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG) a dénoncé ce samedi 18 novembre 2023, le manque de volonté de la junte au pouvoir d’aller vers le retour à l’ordre constitutionnel. Alpha Bayo, coordinateur national de la MAOG, a déploré de ce fait, la lenteur dans l’exécution du programme de la transition.
‘’Il est important de rappeler que nous sommes membre du dialogue inclusif inter-guinéen qui a été institué sous la houlette du Premier ministre, et des facilitatrices. Et c’est notre image qui est engagée dans le cadre du dialogue. Nous reconnaissons qu’il y avait des acteurs sociopolitiques qui ont refusé de répondre à l’appel du CNRD, pour venir dans le cadre du dialogue, et nous, nous avons accepté et répondu favorablement à cet appel du CNRD dans l’espoir que les activités, le chronogramme, les engagements et l’accord signé avec la CEDEAO soient respectés. Mais après une année de plus, on s’interroge aujourd’hui sur la direction réelle de cette transition. En tant qu’organisation de la société civile, il est de notre responsabilité de tirer la sonnette d’alarme, pour interpeller les autorités davantage sur la conduite de la transition, afin que des dispositions urgentes puissent être prises pour le retour à l’ordre constitutionnel. Aujourd’hui, pour nous, le retour à l’ordre constitutionnel est la question essentielle, mais nous ne constatons pas le point de vue des autorités de la transition allant dans ce sens-là’’, a-t-il expliqué.
Et d’ajouter : ‘’Nous avons vu l’occasion manquée du président de la transition, colonel Mamadi Doumbouya à la tribune des Nations Unies. Aujourd’hui, lorsqu’il s’agit de la mobilisation des ressources, ils nous ont fait comprendre que nous avons besoin de 600 millions de dollars pour l’exécution des points du chronogramme de la transition. Pour nous, cela aurait pu être une occasion ultime pour lui, devant les partenaires techniques et financiers, devant la communauté internationale, de dire voilà la Guinée et de faire un plaidoyer pour que la communauté internationale puisse vraiment se manifester en faveur du retour à l’ordre constitutionnel. Malheureusement, on a manqué cette occasion’’, a-t-il conclu.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
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