Dans l’accomplissement des ordres donnés par le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya, lors du dernier conseil des ministres, les autorités communales de Matoto, à travers l’AGEROUTE, ont procédé ce lundi 30 Octobre 2023, à la destruction des emprises physiques au niveau du grand marché d’Enta.
Dans cette opération de déguerpissement, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a été un véritable coup de pioche dans le cœur des femmes de ce marché. Binty Youla, une vendeuse victime, se lamente au micro d’un reporter du site Lerevelateur224.com.
‘’On a vraiment tout perdu. C’est hier nuit que mon client est arrivé. Alors que ce monsieur était en train de déguerpir les environs, nous avons donc pris nos bagages pour les amener derrière les caniveaux, parce qu’on pensait qu’ils n’allaient pas toucher là-bas et ils nous ont rien dit. Et c’est tard la nuit qu’ils sont venus détruire toutes nos marchandises’’, s’est-elle lamentée.
Mafeiring Camara, aussi victime de cette opération, explique tout ce qu’elle a perdu. ‘’Du haut en bas, ils ont tout détruit. Moi j’ai perdu 6 sacs de tarauds que j’ai pris à crédit en raison 800.000 GNFQ par sac. Cela est arrivé dans la nuit vers 1h, ils ne nous ont pas informés et personne n’est venue nous appeler. Les marchandises que nous avons pris à crédit tout est perdu, on ne les a pas vu et on ne sait pas qui les détient’’.
Si d’autres préfèrent croire que les autorités ne les ont pas avertis, cette femme soutient qu’elles ont été bien informées. ‘’Sincèrement, les autorités ne nous ont pas surpris avec ça. Elles avaient informé nos chefs pour les dire qu’ils ont besoin de renouveler la route. Ainsi, on a été informées de quitter les lieux pour que le travail puisse commencer. Mais nous nous pension que cela se limiterait de l’autre côté des caniveaux. Parce que KPC a renouvelé ici sans nous faire déguerpir. On s’est déplacées et après le travail, nous avons toutes retrouvé nos places’’, dira une autre victime sous couvert d’anonymat.
Au moment où nous quittions les lieux, aucune suite n’avait été trouvée à la situation de ces femmes. Des femmes qui ne savent plus à quel saint se vouer. Quand au maire de la commune, ce dernier serait en déplacement pour assister aux obsèques de sa maman du côté de Kankan.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.