Prenant part aux activités de la semaine de l’intégration africaine à Conakry, l’ancien ministre des infrastructures et des Transports, Yaya Sow s’est exprimé sur la question de la valorisation de l’art et du patrimoine culturel comme facteur d’intégration entre les pays africains. Un thème central abordé en marge de l’évènement organisé par le Centre d’innovation et de recherche pour le développement (CIRD), qui entre dans le cadre de la célébration en différé du soixantième anniversaire de l’intégration africaine.
Alors que le débat porte sur la culture et l’intégration régionale, l’ex Directeur des Études Économiques et des Statistiques et Ambassadeur de la CEDEAO auprès de la Commission européenne à Bruxelles, a estimé au micro du site Lerevelateur224.com, qu’il faut lier la culture à l’intégration des marchés.
‘’J’ai donné l’exemple du Nigéria. Le Nigéria a la plus grande économie d’Afrique, devant l’Afrique du Sud et l’Égypte. Mais la différence, l’Afrique du Sud a une économie qui est plus diversifiée. Mais le Nigéria domine l’Afrique du Sud dans la culture, notamment sur le Cinéma et la musique. C’est à ce niveau qu’ils ont su créer des valeurs ajoutées, qui font la différence entre le PIB du Nigéria et celui de l’Afrique du Sud. C’est la culture qui a fait la différence, d’où l’importance de la Culture’’, a indiqué Yaya Sow.
Pour l’économiste, à ce stade de la marche du monde, il faut que tous les pays de l’Afrique accordent de l’importance à la Culture, de façon à créer des valeurs ajoutées, qui permettent de transcender les frontières.
‘’C’est ce qui a fait d’ailleurs le succès de la musique Nigériane. Les jeunes musiciens nigérians comme Davido, Wizkid, Flavor et naturellement le champion Burna Boy, sont partis de l’Afrobeat. Burna Boy a pris même des sonorités de la Guinée. Donc, il a intégré la culture Ouest-africaine dans sa musique. Il a pris des sonorités de Momo Wandel, qui a été saxophoniste de l’orchestre Kélètigui. Cela est important’’, a-t-il rappelé.
Sur les œuvres d’art, enchaîne l’ancien ministre des infrastructures et des Transports, il serait bon d’avoir un bureau régional des droits d’auteurs. ‘’Parce qu’un artiste guinéen peut être protégé en Guinée ici par le BGDA, mais ne pas l’être à l’échelle régionale. Donc, il faut faire en sorte d’intégrer les droits d’auteurs dans un marché régional, de façon à ce que les artistes guinéens soient protégés jusqu’au Nigéria. Ça, ça pourrait être une recommandation à l’endroit de la CEDEAO, ou de l’Union africaine et faire en sorte que, nos artistes soient protégés au-delà de nos frontières’’, a-t-il suggéré.
‘’Nous avons d’excellents musiciens, mais qui ne s’exportent pas…’’
Malgré l’existence d’excellents musiciens en Guinée, le ministre Yaya Sow trouve que ces derniers n’arrivent nullement à exporter leurs musiques sur la scène internationale.
‘’Nous avons d’excellents musiciens ici en Guinée. C’est vrai que je ne suis plus jeune, mais dans la musique guinéenne, j’ai beaucoup d’artistes préfères ici. Ils font de la bonne musique, mais qui ne s’exporte pas, malheureusement. Nous avons l’institut des arts Mory Kanté de Dubréka, qui va falloir s’investir dans la réflexion, pour faire en sorte que notre musique s’exporte comme la musique Nigériane’’, a asséné le ministre Yaya Sow.
Madiou BAH
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