Dans le but d’améliorer les formalités administratives concernant les voyages professionnels des fonctionnaires et hauts cadres de l’Etat, le Premier ministre, Dr Bernard Goumou a instruit au ministre secrétaire général du gouvernement, à récupérer tous les documents de voyage. Cette décision reste toujours d’actualité en Guinée.
A Kankan, des acteurs de la société civile rencontrés ce mercredi 25 Octobre 2023, ont fait part de leurs points de vue sur cette question qui défraie la chronique. Pour Sékouba Traoré, coordinateur régional de la maison des associations et ONG de Guinée, ‘’nous disons que c’est illégale et pas très orthodoxe. Je crois bien que c’est une administration qui lie les membres du gouvernement et si cette politique est atteinte, c’est de régler autrement au lieu de confisquer les documents et de les réduire dans leur privilège. C’est une violation flagrante manifeste de l’exercice des libertés publiques. Si un voyage est programmé par un département ministériel, le gouvernement peut justifier les modalités et l’argent à débourser pour les frais de voyage. Nous demandons encore une fois de plus d’arrêter ces pratiques ignobles, ce n’est pas ça la solution’’, a-t-il fustigé.
Même remarque chez Sékou Aïcha Cissé, également activiste (AGIL) qui, de son côté, affirme que le gouvernement doit faire des communications. ‘’En tant qu’acteur de la société civile, moi personnellement, je porte un regard critique par rapport à cette façon de faire les choses. Parce qu’on sait que quelque soit la responsabilité de ces jeunes DAF qui font fonctionner les différents ministères, mais ils ne sont pas les principaux ordonnateurs. Il faudrait qu’on nous explique réellement qu’est-ce qui ne va pas au niveau du haut sommet de l’Etat. Parce que aller jusqu’à confisquer les documents diplomatiques de voyage, le CNRD doit justifier cela. Et s’ils sont impliqués dans la malversation financière, que le procureur spécial de la CRIEF soit emmené à mettre l’action publique en branle, afin de traduire ces personnes devant la justice. Mais c’est une démarche qui vise à souffler la poudre aux yeux’’, a-t-il dénoncé.
Quant à Lamine Tounkara, coordinateur régional de l’ONG Même Droit pour Tous (MDT) à Kankan, c’est avec une grande surprise qu’il dit apprendre cette décision.
‘’Il n’est jamais trop tard de regarder la gestion financière de l’argent public. C’est pourquoi, la loi ne détermine pas un délai après lequel on peut dire que telle ou telle personne ne peut plus être poursuivie sur la base de sa gestion au compte de l’Etat, pour une question de redevabilité comme exiger par la loi. Mais cette manière de retirer les passeports diplomatique, est vraiment inquiétante dans la mesure où, les autorités au plus haut sommet ne rassurent pas la population à la base’’, s’est-il inquiété.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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