À Mamou, ils sont nombreux ces enseignants contractuels, qui se sont confiés à notre correspondant régional ce dimanche 15 octobre 2023. Des discussions qui ont porté autour de la décision de renoncer à leurs arriérés de salaires et primes d’incitation, comme annoncé par leurs représentants au gouvernement, à l’issue d’une rencontre entre les syndicats de l’éducation, la coordination nationale des enseignants contractuels et les ministres sectoriels.
Selon certains hommes de craie de Mamou, l’Etat est dans la perspective de berner une fois encore les enseignants contractuels, car disent-ils, le gouvernement ne va jamais honorer à la lettre sa part d’engagement dans ce présent accord. C’est le cas de cette enseignante contractuelle dans une école primaire de la commune urbaine, qui a requis l’anonymat.
‘’C’est une mauvaise décision de la part de nos responsables. L’État est en train de nous tromper. Moi je ne suis pas partante de cette proposition, parce que, nous aussi nous ne sommes pas des enfants, qu’on peut berner et manipuler comme ça comme un chapelet. Tout ce que le gouvernement a dit, moi je ne crois pas aujourd’hui ni demain, parce que depuis 2018 notre situation n’est pas réglée.
À Mamou ici, même la plateforme des enseignants contractuels qu’on parle, moi je ne suis pas dedans. Puisque je n’ai même pas actuellement un téléphone Android. Le téléphone que j’avais, je l’ai revendu pour trouver certaines fournitures scolaires pour mon enfant. Donc, nos responsables n’ont qu’à revoir ça et dire à l’État de nous payer même si c’est 2 ou 3 mois. Le reste on peut oublier ça. Sinon, moi je ne suis plus partante de cette proposition, parce qu’elle est mal négociée’’, a-t-elle souligné au micro de notre correspondant régional.
Même son de cloche chez cet autre contractuel, qui dit être enseignant dans une sous-préfecture située à une quarantaine de kilomètres de la préfecture de Mamou.
‘’J’ai suivi à la radio que les enseignants contractuels ont scellé un accord avec le gouvernement pour être engagés à la fonction publique sans concours. Ça, c’est une bonne chose. Mais là où il y a le problème, c’est que moi je ne suis pas d’accord d’abandonner tous mes arriérés de salaires et mes primes.
Si les autres contractuels ne souffrent pas, moi je sais dans ma sous-préfecture là-bas, la galère qui me torture chaque jour. Moi je pensais qu’ils allaient dire qu’on renonce à 4 mois d’arriérés mais tout, là, c’est une façon de nous massacrer et de nous enterrer vivant. Surtout moi! au nom de Dieu, tout mon espoir était sur cet argent là, mais voilà maintenant avec la mauvaise négociation de nos responsables, nous allons plonger davantage dans la souffrance dans la sous-préfecture ici. Les mesures d’accompagnement qu’ils parlent de la part de l’État, s’il le donne, ça ne dépassera pas 50.000 ou 100.000 GNF. Franchement, que Dieu nous sauve, sinon on est foutu’’, s’est-il lamenté.
Il faut rappeler que selon ces mêmes enseignants contractuels qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, leurs responsables n’ont pas pris en compte leurs avis sur cette question, avant de remonter l’information à Conakry.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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