Après son retrait du procès de l’ancien ministre des télécommunications, le collectif des avocats chargés de la défense de Oyé Guilavogui, a finalement décidé de revenir dans le dossier, pour défendre son client devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Cette annonce a été faite ce vendredi, 13 octobre 2023 à travers une déclaration dont nous détenons copie.
Dans cette déclaration, le collectif d’avocats a rappelé que son client a été arbitrairement arrêté le 06 avril 2022 et placé sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry, pour des faits qualités de détournement de deniers publics, corruption, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite. L’instruction préparatoire menée à charge pendant 09 mois, n’a pas juridiquement pu établir les faits poursuivis contre lui par le parquet spécial de la CRIEF.
Malgré tout, selon les avocats, leur client a été renvoyé devant la Chambre de jugement de la CRIEF. Dès lors, rien n’était plus rassurant, en lieu et place d’un non-lieu, Oyé Guilavogui s’est subitement retrouvé devant la juridiction de jugement. Convaincu de son innocence, le prévenu a décidé de participer au procès qu’il a qualifié de marathon, sous réserves que celui-ci soit juste et équitable.
‘’Après plusieurs mois d’audiences, faute de preuves des faits reprochés, la défense est parvenue à mettre l’accusation en déroute :
Face à cette défaite de l’accusation, la défense avait constaté avec regret que la Chambre de jugement agissait désormais comme un Tribunal de Travail chargé d’examiner les conflits sociaux nés des relations entre employeurs et employés. En tout cas, à s’en tenir au défilé sans cesse à la barre, des anciens employés de l’Ex-SOTELGUI, qui, de toute évidence n’ont jamais digéré le redressement judiciaire de cette entité, finalement dissoute pour mauvaise gestion;
Le constat amère révélait aussi que les débats étaient totalement sortis de leur contexte réel, les parties ont changé, et tout portait à croire que le procès opposait désormais le Ministre Oyé GUILAVOGUI aux anciens travailleurs de la SOTELGUI, sous prétexte d’être des témoins, ces ex-employés passent tout leur temps à narguer ou du moins à se moquer impunément de Monsieur Oyé GUILAVOGUI, qui pourtant, il faut le rappeler, a été Ministre de la République pendant 11 ans.
Un ancien Ministre est un ancien dignitaire qui mérite respect et considération, fut-il, en conflit avec la loi.
D’ailleurs, dans le cas d’espèce, son seul crime est d’avoir été Ministre de la République pendant 11 ans, et d’être un homme de confiance de l’ex Président de la République’’, peut-on lire dans ladite déclaration.
Le Collectif des avocats a d’ailleurs souligné que c’est pour toutes ces raisons que le mercredi 14 juin 2023, la défense avait décidé en toute connaissance de cause, de suspendre sa participation au procès, afin d’éviter une parodie de justice. Il estime que depuis lors, rien n’a changé, aucune preuve n’a été apportée par l’accusation pour confondre Oyé GUILAVOGUI, alors qu’il croupit en prison depuis le 06 avril 2022.
C’est pourquoi, la défense estime qu’en réalité, le dossier est tout simplement vide et pense que son client a été arrêté et emprisonné pour des motifs inavoués. Néanmoins, elle décide de revenir dans le dossier et de continuer sa mission, ‘’pour que le procès soit accéléré, afin qu’il recouvre sa liberté.’’
Facinet CAMARA, pour Lerevelateur224.com.