Dans le but d’éviter des inondations pendant les grandes pluies, mais aussi, de débarrasser des différentes artères de la commune de Ratoma des encombrements physiques, le maire de la dite commune a procédé ce jeudi, 21 septembre 2023, au lancement d’une vaste opération de déguerpissement des emprises de certaines voiries et marchés relevant de sa juridiction.


Cette opération concernait les marchés d’Enco 5, de Sonfonia Gare, Kipé et le pont entre Fossidè et Kobaya où, les bulldozers sont entrés en action en démolissant tous les encombrants physiques qui empêchent les eaux de circuler.

Selon Alpha Oumar Sacko, cette opération s’inscrit dans le cadre de la refondation de l’État, prônée par les autorités de la transition, qui vise à débarrasser sa commune de tous les encombrants physiques.

‘’On est en train d’appliquer la refondation à tous les niveaux. Nous sommes au niveau du Pont entre Fossidè et Kobaya. Vous avez constaté que, nos concitoyens sont venus s’installer dans les DPM (domaines publics maritimes) et avec toutes les inondations qu’on a enregistrées cette année, ils se permettent de venir mettre des fondations de bâtiments et s’installer au cœur même des DPM, c’est inadmissible. Peut-être ceux qui se sont installés ici, ils sont exemptés cette fois-ci, mais ceux qui sont en amont ou en aval ne peuvent pas être exemptés par les intempéries qui viendront. Donc, nous ne pouvons pas attendre qu’il y ait catastrophe pour réagir. Nous voulons réagir, dégager tout le monde et réhabiliter les DPM, planter les arbres pour protéger l’environnement et les populations guinéennes. C’est raison pour laquelle, vous nous voyez ici aujourd’hui. Vous avez vu que les gens sont avertis, on a mis les croix partout il y a très longtemps, mais les citoyens refusent de quitter, il faut malheureusement qu’on en arrive à utiliser la force, pour pouvoir dégager ces DPM’’, a-t-il indiqué, avant de promettre que cette opération ne sera pas un feu de paille.

“C’est une opération conjointe de la mairie, de l’habitat et l’environnement. Nous avons pris des dispositions avec le ministère de l’environnement, dès que ça va être dégagé, ils viendront planter des arbres, pour protéger cette zone. Le feu de paille ne rime pas avec la refondation’’, a-t-il souligné.
De son côté, Lansana Bissiry Sylla, président du conseil de quartier de Kobaya, s’est réjoui de cette opération de déguerpissement, initiée par la mairie de Ratoma.

“Nous ne pouvons que saluer cette opération, parce qu’il y a toujours une limite entre les berges et les habitations. Quand on dépasse ces limites, l’État est en droit de réagir, c’est ce que nous sommes en train de vivre maintenant. Tous les coins qui seront déguerpis, nous à notre tour, nous responsabiliserons les chefs de secteurs, les chefs de carrés pour y veiller sans que personne d’autre ne vienne agresser les endroits déjà dégagés. L’appel que nous lançons aux citoyens, c’est de respecter les instructions de l’État, quand ils peuvent agir, ils n’ont qu’à se référer. Il y a l’environnement et l’habitat qui sont mieux placés de dire aux citoyens de s’installer là ou de ne pas s’installer pour que les dépenses qui sont faites ne soient pas des investissements inutiles, comme ce que nous sommes en train de vivre maintenant’’, a-t-il déclaré.
Pour sa part, Guémou Frédéric Otton, chef de session domaine et cadastre de Ratoma déplore que, malgré de nombreuses missions de sensibilisation, pour interpeller ces occupants de libérer les lieux, ils n’ont malheureusement pas obtempéré, d’où ce déguerpissement forcé.
‘’Il y a une mission de sensibilisation et de marquage qui a été effectuée par nos services. Vous pouvez le constater sur les tôles et sur les installations ci-présentes qu’on est passé pour pouvoir marquer, de dire aux citoyens, que face à l’inondation, que la ville de Conakry fait face aujourd’hui, il est vraiment important qu’on dégage les lieux et pour ça, il faut des sensibilisations. Et cette sensibilisation a été déjà faite et on a écrit sur les marquages que vous voyez, 72 heures pour permettre à la population non seulement, de se mettre à l’abri de ces déguerpissements, pour ne pas qu’ils perdent leurs objets, pour qu’ils puissent sortir d’eux-mêmes ce qu’ils peuvent récupérer et récupérer pour que quand la mission arrive, elle ne fait que nettoyer et ramasser les débris pour les envoyer à la décharge. Mais, fort malheureusement, aujourd’hui, nous constatons que la population n’est pas en train d’aller dans le sens souhaité par les autorités communales. Ce qui a fait que la commune a saisi la force publique, pour pouvoir procéder au déguerpissement. Mais ce n’est qu’un début pour leur dire que force reste à l’État qu’on reviendra pour pouvoir nettoyer, voir avec l’environnement comment nous pouvons protéger ces lieux’’, dira-t-il.
Quant à Mabinty Traoré, Administratrice du marché de Sonfonia Gare, elle a salué cette démarche de la mairie de Ratoma qui, selon elle, permet d’éviter les accidents de la circulation.

‘’Nous sommes très contentes de cette initiative du maire de Ratoma, parce que ça y va dans la sécurité des femmes. Celles qui s’asseyent au bord de la route, sont exposées aux accidents de la circulation et d’autres dangers, si les autorités communales prennent leur bâton de pèlerin pour libérer les artères aujourd’hui, nous ne pouvons que saluer le maire et toute son équipe de ce travail remarquable’’, a-t-elle assuré.
Pilotant cette opération, Nouhan Traoré, garde communale de Ratoma, a rassuré que toutes les dispositions sont déjà prises à leur niveau, pour ne pas que les étalagistes reviennent sur les lieux.
‘’Depuis 7h du matin, nous sommes sur pied, pour pouvoir répondre à l’invitation des autorités, pour l’opération de déguerpissement dans la commune de Ratoma. Le matin, on a commencé à dégager tous les étalagistes qui étaient au bord de la route, à l’heure qu’il fait, tout le monde est dégagé et il est question maintenant de mettre des équipes de pointes, comme d’habitude pour ne pas que les gens reviennent encore. L’opération s’est bien déroulée, sans aucun incident majeur. Notre objectif, c’est que ces femmes ne reviennent plus jamais ici. Celles qui ne respecteront pas cela, les CEMIS, les commissariats de police et même les escadrons sont réquisitionnés à cet effet par le maire de la commune de Ratoma, pour que, quand on appréhende ce genre de choses, on prend la personne, on la dépose au commissariat de proximité pour que la personne soit sanctionnée à la hauteur de ses erreurs’’, a-t-il souhaité.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 611 460 410
