Les Guinéens avaient déferlé dans la rue pour acclamer le coup d’Etat du 5 septembre 2021. Le Professeur Alpha Condé que beaucoup disaient aimer, qui, lui aussi , avait drainé des foules, jusqu’au moment fatidique de sa destitution, était devenu, persona non grata dans un pays qui lui a bouffé la vie, auprès de compatriotes qui lui ont été toujours chers, dont il s’est échiné à défendre la dignité et à faire le bonheur, en les sortant de l’ornière.
A quelques exceptions près, toutes proportions gardées, voilà que ceux qui ont ouvert le bal de la célébration, reviennent nous dire , à présent et mine de rien que nous devons observer le deuil, pleurer et enterrer nos morts, tombés ce jour. Ils avaient le droit de jubiler, d’autres qui voudraient marcher dans leurs pas, devraient se garder de chanter et danser pour ne pas profaner la mémoire des victimes qu’ils avaient oubliées, froisser des families dont ils sont devenus subitement solidaires. Ce qui deux années, en arrière, n’avait ému personne dans l’ivresse du changement, interpelle dans le remords et la disillusion .
Pourquoi, maintenant, pas avant ?
L’autre ironie de l’histoire, ceux qui juraient fidélité au Professeur Alpha Condé sont passés dans les mailles des filets de la transition, recyclables, pour leur part, étant de seconde main, restés dans les tranchées. Ils sont devenus les soldats du colonel, le Général qu’ils ont servi poussé à la porte. Ils lui souhaitent, en attendant, une bonne retraite, qu’il le veuille ou non : il n’a plus aucun pouvoir sur eux, ne leur est plus d’aucune utilité.
Quant à ceux qui se proclamaient démocrates, jouaient les grandes gueules , s’érigeaient en donneurs de leçons, le temps a montré, Dieu a révélé qu’ils faisaient du bruit pour décrocher quelque chose et se taire. Comme par hasard, ils ne supportent pas ceux qui veulent faire comme eux ou sont restés comme ils étaient, c’est-à-dire, fidèles à la critique, portés à battre le pavé. On verra bien ce qu’il adviendra de tous les acteurs du changement
Les régimes changent, les Guinéens aussi. Les Présidents se succédent, les Guinéens ont compris que ce n’est pas à eux qui passent qu’il faudrait s’attacher mais au pouvoir qui demeure qu’il y a lieu de s’accrocher.
Bienvenue en terre de Guinée!
Bon Dimanche.
Le billet du dimanche/ lerevelateur224.com
