Après les polémiques qu’il a suscitées avec ses propos de menaces de morts proférées le 2 octobre dernier, à l’encontre des personnes qui auraient tenté de brûler, gratter, ou même de déchirer l’effigie du président de la transition, le préfet de Kankan Kandia Mara a été suspendu de ses fonctions pour faute lourde. Une décision que plusieurs observateurs trouvent justifiée. Mais d’autres par contre parlent de suspension disproportionnée.
C’est le cas de Mamadou Kaly Diallo. Cet activiste des droits de l’homme pense que les autorités avaient mieux à faire en lieu et place d’une suspension.
‘’Je pense que c’est un pas qui est franchi, sauf que cette suspension est disproportionnée, eu égard à la gravité de la faute commise’’, assure-t-il.
En tant première autorité de la préfère de Kankan, ce genre de propos ne devrait pas venir surtout dans le contexte actuel du pays. C’est pourquoi, l’activiste pense que cette suspension est normale, mais que la justice devra intervenir à son tour.
‘’Une personnalité comme M. le préfet, ne peut pas se permettre de proférer des menaces de morts à la vie et à la sûreté des citoyens, dont il a l’obligation de protéger et de sécuriser. Donc, cette suspension administrative, c’est un pas qui a été franchi, mais eu égard à l’infraction, nous osons espérer que la suite sera donnée. Et que une action judiciaire suivra’’, espère Mamadou Kaly Diallo.
Le parquet général près la cour d’appel de Kankan a aussi fait un communiqué à cet effet. L’activiste apprécie à moitié, mais espère toujours que la justice jouera son rôle dans cette affaire. Car, selon lui, la hiérarchie ne devrait pas se limiter qu’à cette suspension.
‘’Nous avons suivi le communiqué du parquet général qui nous a laissé des zones d’ombres. Nous espérons qu’après cette sanction administrative, que la justice fera son travail’’, a-t-il réitéré.
Aux yeux de cet acteur de la société civile guinéenne, les propos tenus par le préfet de Kankan violent l’article 3 de la déclaration universelle des droits de l’homme, qui stipule que tout individu a droit à la vie et à la liberté.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.