La crise qui paralyse depuis un moment le secteur judiciaire de la Guinée, suite au débrayage en cours déclenché par l’association des magistrats de Guinée, risque de perdurer, si des pistes de solutions ne sont pas trouvées dans l’immédiat.
À l’instar des autres juridictions du pays, le constat est le même au tribunal de première instance de Mamou. Tout le local est vide. Aucun magistrat n’est présent en ces lieux. Contrairement à certains citoyens qui continuent de traîner pour l’obtention de certains documents comme les jugements supplétifs, des casiers judiciaires et autres, mais sans succès.
Interrogé ce mardi, 29 août 2023, à son bureau, le Président du tribunal de première instance de Mamou, Oumar Diallo est revenu sur cette situation qui prévaut dans sa juridiction de compétence.
‘’Comme vous l’avez constaté, il y a quelques jours, les magistrats de Guinée, à travers un appel de l’association des magistrats de Guinée, ont opté pour la cessation provisoire de nos activités, en revendication de certains droits. Donc, pour le cas particulier de Mamou, nous avons observé le mot de grève ou de débrayage à notre façon, tout en présentant nos excuses à la population. Nous avons fait des prises de paroles pour expliquer à notre population, le climat qui prévaut. Nous sommes là pour cette population. Pour nous, c’est un peu difficile de fermer les portes comme ça, sans dire un mot à la population. Surtout nous avons les dossiers dans lesquels il y a la vie, la liberté et le patrimoine qui sont en jeu. Les dossiers criminels notamment inclus la vie, le patrimoine, l’honneur, et la liberté des citoyens. Parce que comme vous le savez, dans les affaires criminelles, quelqu’un peut être condamné à des peines très élevées. Alors ça, c’est la vie qui est en jeu. Alors, quand on est dans un contexte comme ça, il faut pouvoir sensibiliser la population, leur expliquer, pourquoi nous sommes là’’, a-t-il souligné, avant d’assurer que fermer les juridictions n’est pas du tout la solution.
‘’Fermer portes et fenêtres d’une juridiction, ce n’est pas une solution. Nous avons estimé, moi président, je viens à mon bureau, de 8h parfois jusqu’à 14h. Je reçois le public, ceux qui viennent me rencontrer pour leur expliquer de rester à la maison, quand les choses vont rentrer en ordre, nous allons les convier, soit par des convocations, soit par des lettres, ou par des appels téléphoniques, pour leur informer que le travail à repris. Donc, c’est ce qui fait que la population ne s’est pas agitée, et c’est ce qui fait que les gens n’ont pas souffert extrêmement. Et parce que nous savons que la population de Mamou a confiance en sa justice’’, a déclaré Oumar Diallo, président du tribunal de première instance de Mamou.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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