Le désaccord entre le ministre de la justice et l’association des magistrats de Guinée, a des conséquences dans les cours et tribunaux en Guinée. Au tribunal de première instance de Kindia par exemple, où nous avons fait le tour, la salle d’audience était vide. Dans la cour, personne n’est visible : les magistrats, les clients et les avocats sont tous absents.

Seulement deux gardes pénitentiaires qui sont là pour garder la porte de l’audience. Interrogé, Mamadou Moussa Bah, huissier de justice, pense que ce débrayage impacte beaucoup leur activité.

‘’Vraiment aujourd’hui, nous sommes confrontés de faire les va-et-vient au tribunal, afin que nos dossiers soient signés par les magistrats, mais aucun n’est présent depuis le début de cette grève. Tout le temps les clients sont derrière nous, pour les dossiers. Mais la vérité est que si le ministre veut vraiment l’indépendance de la justice, il ne devrait pas aller en guerre ou en divergence avec les magistrats. Car si l’on veut que la justice fonctionne bien comme on le souhaite tous, il faudrait que les magistrats travaillent dans l’indépendance et sans aucune pression ou ingérence de qui ce soit.
Moi je pense que, en tant que le manager de ce département, il doit avoir le dos large et surtout laisser chacun faire son travail. Sinon, il y a l’inspection générale et l’Association des magistrats de Guinée qui sont là à veiller au travail des magistrats, en cas de faute, ils sont mieux placés de sanctionner ou suspendre un juge’’, a déclaré M. Bah.
Ce débrayage des magistrats paralyse déjà les activités du tribunal de première instance de Kindia. Ceci faut-il le rappeler, a des conséquences négatives sur les citoyens notamment la délivrance des jugements supplétifs, des casiers judiciaires entre autres.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.