Située à 545km de la capitale Conakry, la préfecture de Dinguiraye depuis toujours, est victime du comportement de certains agents de l’Etat, qui freinent son développement socio-économique.
En effet, certains cadres mutés, refusent catégoriquement de rejoindre leurs postes d’affection, avec la complicité des hauts cadres basés à Conakry. Ces derniers prennent service et retournent travailler à Conakry et environnants (Boké, Dubréka, Coyah, Kamsar etc ). Ils ne se présentent que lorsqu’il y a un contrôle juste pour se faire enrôler. Leurs salaires sont partagés entre eux et leurs complices.
A la clôture de la première cession du Conseil Administratif Préfectoral, tenue du 07 au 08 Août, dans la salle de réunion de la préfecture, le préfet de Dinguiraye, Cheick Mohamed Kéita, n’a pas manqué de signaler ces désagréments face à ces mauvaises pratiques qui agonissent l’administration guinéenne en général, et celle de Dinguiraye en particulier.
A date, plusieurs cadres mutés n’ont jusque-là pas fait de signe de vie. Ils continuent de servir dans leurs anciens postes sans être inquiétés. C’est le cas par exemple de la Police, où, sur 19 agents mutés, seulement un (1) a rejoint son poste. Ce qui rend la tâche difficile à ceux qui sont sur le terrain pour couvrir toute la préfecture et expose les citoyens à une insécurité totale.
Au niveau de la Direction Préfectorale de la pêche, de l’aquaculture et de l’économie maritime, le service risque de fermer si des dispositions ne sont pas prises. Sur 3 cadres mutés, 0 sur le terrain. Un seul titulaire assisté de deux volontaires, alors que Dinguiraye est une préfecture qui regorge des marres et des fleuves très poissonneux.
Au niveau de l’hôpital préfectoral, le constat est plus amer. Là également, certains fonctionnaires mutés n’ont pas rejoint. Sur plus de 100 agents mutés, il n’y a pas 20% de présence sur le terrain. Et selon le Directeur préfectoral de la Santé, il ne se passe pas une semaine, sans qu’il ne reçoive une note de service mutant un des agents dans le grand Conakry. Les patients sont donc abandonnés dans les mains des stagiaires qui n’ont pas la formation requise pour faire un travail de qualité. Ceux qui ont les moyens partent ailleurs pour se faire soigner et ceux qui n’en ont pas s’en remettant à Dieu. Cela est valable pour tous les autres services.
C’est pourquoi, le préfet a invité les autorités à plus de vigilance et de rigueur, et à mettre en place un mécanisme pour éradiquer ces mauvaises habitudes.
‘’C’est vraiment déplorable ce qui se passe au sein de notre administration. Le changement doit commencer par nous les administrateurs territoriaux. Aucun cadre n’est là pour telle ou telle localité. Nous sommes là pour toute la Guinée et pour tous les Guinéens. Le citoyen X qui se trouve à Kassa a les mêmes droits que celui qui se trouve à Yomou. La Guinée ne se résume pas qu’à Conakry et environnants. Ils faut que les gens acceptent de venir servir à l’intérieur. C’est aussi une partie de Guinée.
J’invite donc le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation à plus de vigilance et de rigueur dans ce domaine. Et nous tendons encore la main au premier ministre, chef du gouvernement, ainsi qu’au président de la transition, à nous aider à désenclaver Dinguiraye par le bitumage de la route Bissikrima-Dinguiraye, qui est un véritable calvaire pour les usagers, l’envoi de cadres dans tous les services, la fourniture d’équipements et d’engins roulants pour leur faciliter le travail et la construction de logements pour les chefs de service’’, a-t-il lancé.
Il reste à savoir si cet appel tombera dans de bonnes oreilles, afin que des dispositions urgentes soient prises, pour que tous les Guinéens bénéficient du même traitement.
Depuis Dinguiraye, Ibrahima Braddock DIAKITE, pour Lerevelateur224.com.