Le complexe du Guinéen vis-à-vis de ses dieux est héréditaire. La soumission, le culte du chef, le mouchardage et toute sorte de pratique avilissante de l’être humain se sont donnés rendez-vous dans ce pays, qui ne manque jamais de rumeurs et qui vit éternellement de l’aumône de ses dieux. L’histoire de ce peuple est si vraisemblable qu’elle a été engloutie par la légende, construite autour d’un imaginaire pour couronner des têtes de chef les plus laides du monde.
C’est d’ailleurs le seul héritage des ancêtres qui a su résister au temps et au choc des civilisations universelles : Nos contes et légendes, devenus de nos jours de conneries légales.
Tout tartempion, sortie de nulle part, sans attache avec l’histoire crée une légende autour de lui. S’il n’est pas l’arrière petit-fils de untel, il est alors le Moïse que les griots et gnamakala avaient annoncé depuis lustres…Sékou Touré le Guide, Lansana Conté le Libérateur, Dadis Camara le prodige, Konaté le Sauveur, Alpha Condé le Bâtisseur et aujourd’hui, c’est Mamadi Doumbouya le Lion noir. Avec le même peuple et les mêmes problèmes.
Avant eux, si ce n’est pas Soundjata qui a arraché un baobab, c’est Elhadj Oumar Tall qui a disparu dans les falaises ou un Samory Touré victime de la traîtrise de l’une de ses épouses. Une façon de dire que nos peuples ont été coiffés par des dieux puissants et mystérieux. Des histoires à dormir débout qui ont fini par endormir la conscience de plusieurs générations et devenues au fil du temps, des motifs de fierté et d’orgueils.
Soundjata a été inutile s’il s’avérait qu’il détenait le fameux secret de déplacer un baobab, tout comme les autres… Et alors pourquoi s’en prendre au colon blanc pour avoir refusé de nous transférer la science et la technologie ? Mais bon ce ne sont que des ragots…
C’est triste de comprendre que le Guinéen a plus peur de son éphémère dirigeant que Dieu, son créateur.
Si le Guinéen obéïssait à Dieu comme il le faisait avec son petit chef, aucun parmi eux n’ira en enfer. Ils seraient tous admis avec même des bonus au paradis. Mais, malheureusement ! Il n’a ni le bonheur d’ici bas et il n’est ni ami à Dieu, je vous assure. Il manque de foi. Ce qui le préoccupe c’est comment détruire son prochain pour briller lui.
La chasse de la popote a fini par nous déshumaniser et à nous créduliser. Ce peuple est tellement incroyable qu’il est capable de prier pour ses dieux la journée et les maudire la nuit. Il mange avec eux les matins et le soir, ce même peuple est avalé par ses dieux. Mais rien d’étonnant. Chaque peuple enfante les dirigeants qu’il mérite.
Il faut être Guinéen pour croire et raconter la légende Soundjata Kéïta ou d’un Sékou Touré qui avait le don de disparaître ou encore la disparition dans des falaises d’un Elhadj Oumar Tall.
Triste peuple, des contes et légendes !
Par Marouane, éditorialiste.