Pour leur participation au dialogue politique avec le Premier Ministre et les religieux, les forces vives de Guinée posent comme condition sine qua non, l’abandon des poursuites judiciaires contre des acteurs politiques. Pour satisfaire ces préalables, le Premier Ministre a entamé plusieurs démarches auprès de l’appareil judiciaire. Des démarches qui suscitent aujourd’hui des polémiques au sommet de l’État et dans l’opinion.
S’exprimant sur la question de la libération des détenus politiques, le porte-parole du Gouvernement, fait remarquer qu’on ne peut pas vouloir d’un État de droit et demander en même temps au Gouvernement, de s’immiscer dans les affaires judiciaires.
‘’L’immixtion du judiciaire dans le dialogue, ça pose des problèmes, quel que soit d’ailleurs le dialogue. Alors, si des acteurs politiques et le Gouvernement s’accordent à dire libérer tel et tel, ça veut dire que par le consensus de ce groupe de personnes, on entrave à la justice. Ça veut dire que le procès du 28 septembre n’avait pas de sens, ça veut dire qu’il faut qu’on se retrouve autour de la table et on libère les gens au nom de la raison d’État, de la paix et de la quiétude sociale. Ç’a des conséquences extrêmement graves. Lorsque la justice s’invite dans le dialogue, ça pose toujours des difficultés pour l’État. D’un côté, on veut un État de droit dans lequel, l’exécutif n’a pas de prise sur l’institution judiciaire, de l’autre côté, on veut tordre la main à l’exécutif, pour donner des injonctions à la justice d’agir suivant sa volonté. Qu’est-ce que nous voulons pour notre pays ? C’est toujours trouver un équilibre qui est difficile. Je vous assure, si le président prenait pour fait et cause de la réclamation des acteurs politiques et décidait par décret de libérer telle ou telle personne, le lendemain vous allez être les premiers à dire que la justice est à la botte du président. Il n’y a pas de droit en Guinée, c’est pour ça que trouver l’équilibre est compliqué’’, a asséné Ousmane Gaoual Diallo ce mercredi 19 avril 2023, chez nos confrères de Djoma média, dans ‘’On refait le monde’’.
Même si quelque part, le porte-parole du Gouvernement ne s’oppose pas directement aux conditions posées par les forces vives de Guinée, il souhaite néanmoins qu’elles fassent la part des choses. Le Ministre des postes, des télécommunications et de l’économie numérique, ne veut nullement que tous les dossiers soient traités de la même manière. Parce que tout simplement selon lui, les infractions pour lesquelles ils sont poursuivies ne sont pas les mêmes.
‘’Si tu mets tout que ça, des procès pour des crimes économiques et politiques, tu dis que l’État de droit va exister et en même temps, il doit donner des injonctions, tu mets en mal un côté. C’est pour ça je dis il faut séparer les choses. On n’est pas en train de dire qu’il faut libérer tel ou tel autre, on veut donner une liste de tout ceux qui sont quasiment en prison et les infractions pour lesquelles ils sont poursuivies ne sont pas les mêmes. Les personnes qui sont concernées n’ont pas la même situation, donc on ne peut pas faire une solution pour tout le monde, c’est différent’’, a précisé Ousmane Diallo.
Facinet CAMARA
