Dans un entretien qu’il a accordé à votre quotidien en ligne Lerevelateur224.com, le coordinateur du Front National pour la Défense de la Transition (FNDT), Kéamou Bogola Haba s’est prononcé sur deux sujets : Le premier, concerne l’arrivée du président Paul Kagamé, dont le nom a été attribué au Pont de Kagbélen. Le deuxième, c’est la question liée aux délestages du courant ces derniers temps dans notre pays. Lisez plutôt !
LEREVELATEUR224.COM : Bonjour M. Haba. Quel regard portez-vous sur la visite du président Paul Kagamé en Guinée ?
BOGOLA HABA : Oui bonjour. C’est une visite très importante aussi bien sur le plan économique, politique que diplomatique.
Sur le plan économique : Elle va permettre d’activer et de réchauffer une Coopération Sud-Sud, modèle qui permettra aux Gouvernements des deux pays, de nouer des alliances stratégiques dans le cadre du financement et de la réalisation des projets prioritaires de la transition guinéenne, car il faut reconnaitre que le Rwanda est l’un des géants africains dans le domaine des levées de fonds sur le plan bi et multilatéral, mais aussi sur le marché financier à travers des prêteurs privés. Leur expérience nous aidera à bien conduire plusieurs projets dans les domaines du transport urbain et aérien, des infrastructures, de la technologie, des Mines, de l’éducation et de l’élevage. Car il faut savoir que dans quelques mois, le Rwanda va inaugurer sa première usine de lait en poudre.
Sur le plan politique et diplomatique : Ce voyage permet aux oiseaux de mauvais augures de réaliser que la transition guinéenne est spéciale et fréquentable. Au moment où nos voisins proches cherchent à isoler la Guinée, voici un frère africain de bonne presse, qui vient de loin, pour encourager nos jeunes militaires qui font un travail formidable de refondation en seulement 20 mois de gouvernance.
Selon vous, quel est l’objectif de la visite du président Paul Kagamé en Guinée ? Et après son départ, à quoi peut-on s’entendre ?
L’objectif a été décliné par les autorités de nos deux pays panafricains, qui croient en la Coopération Sud-Sud dans tous les secteurs. Comme retombées, les techniciens guinéens et Rwandais vont continuer à mûrir les études des projets pour leur réalisation rapide, en tenant compte du calendrier de 24 mois que les autorités guinéennes s’activent à respecter, en se donnant les moyens de la réussir comme le Rwanda a fait sa refondation après le changement en profondeur de 1995, après tout juste le génocide Rwandais.
Pour vous, Paul Kagamé est-il ce modèle de président sur lequel on peut s’inspirer ?
Paul Kagamé est un modèle de leader qui inspire la nouvelle génération africaine. Il a réussi à dépolitiser son pays pour mettre ses compatriotes au travail avec une vision plus économique dans un environnement d’unité d’action sans considérations subjectives d’ethnies ou de religions. Il a permis aux Rwandais d’être bilingues, éduqués et disciplinés pour être tout simplement des citoyens du monde, sans pour autant abandonner leur culture. Aujourd’hui, le Rwanda est à la fois membre influent de la Francophonie et du Commonwealth et un pilier de l’organisation Économique sous régionale de l’Afrique de l’Est. Donc, par rapport à la Refondation de nos comportements, de nos institutions politiques et de la vision de l’émancipation économique de la Guinée, qui est la mission de notre génération, le Rwanda et son leader Paul Kagamé sont des modèles qui inspirent, bien que nous devons contextualiser le modèle guinéen comme d’ailleurs le Président Mamadi Doumbouya le disait à propos de la nouvelle Constitution de la refondation en cours de rédaction.
L’échangeur de Kagbélen porte désormais le nom de Paul Kagamé. Quelle est votre réaction ?
La Guinée a une histoire et un passé d’acteurs de la promotion de l’unité africaine et de ses héros. C’est une excellente chose que nos édifices portent des noms de grands africains et autres grands leaders du monde dignes de confiance, qui inspireront les futures générations à faire plus qu’eux. L’échangeur Paul Kagamé qui est un grand Carrefour de connectivité du grand Conakry, sera un symbole qui fera de la connectivité Conakry-Kigali un nouvel axe de développement de la nouvelle Afrique émergente.
Qu’en pensez-vous des coupures intempestives du courant dans la capitale Conakry ?
Évidemment, nous sommes en pleine saison sèche qui est une période de grande consommation d’énergie d’une part, et d’autre part, nous sommes aussi en transition de sources d’énergie entre les sources thermiques et hydrauliques. Ainsi, bien que nos barrages hydroélectriques de Garafiri, Kaleta, Souapiti et les grandes chutes donnent suffisamment d’électricité dans le grand Conakry, pour remplacer progressivement les anciennes centrales thermiques fixes et flottants. Il faut reconnaitre que nos installations de distribution sont vétustes et c’est maintenant que les investissements dans la distribution sont visibles dans les quartiers et dans les sous-stations de Manéah et autres. Le service commercial et marketing de EDG aussi n’est pas performant. De même, nous encourageons les citoyens à intégrer la culture du paiement de l’électricité et de l’eau, comme ils le font pour la téléphonie. Les manages doivent aussi rationaliser leur consommation, car l’électricité et l’eau ne sont pas gratuites, ce sont des biens marchands qui ont des coûts de production très élevés, bien que nous soyons le château d’eau de l’Afrique de l’Afrique de l’Ouest. EDG de son côté, doit faire des efforts dans sa modernisation et dans la mobilisation des recettes, si l’entreprise veut améliorer sa capacité d’autofinancement hors subvention de l’Etat. Il y a maintenant l’énergie dans le pays, il faut savoir la vendre au public, avec un taux de recouvrement de plus de 97. Par rapport aux investissements dans l’énergie pendant cette transition, en plus des investissements dans la distribution et dans le barrage de Amaria dans le Konkouré, en Basse Guinée, le ministère de l’énergie doit absolument accélérer la recherche de financement en BOT ou EPC+F des barrages de Gozoguizia à Macenta, Yomou en Guinée Forestière, Foumi à Kouroussa en Haute Guinée, Koukoutamba à Tougué et Bokon Diary dans le Sala à Labé. Ainsi, avec le projet de 1800 Mégawatts du projet de Gaz liquéfié en BOT et les investissements qui suivront après la Transition, la Guinée commencera à avoir son indépendance énergétique d’ici 2030.
Interview réalisée par Zézé Enèma Guilavogui, pour Lerevelateur224.com
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