Une partie du grand marché de Matoto a été ravagée par un incendie ce jeudi 20 avril 2023. Pour le moment, difficile de donner avec exactitude, l’origine de ces flammes. Néanmoins, beaucoup de victimes pointent du doigt les agents de police, qu’elles accusent d’avoir mis délibérément le feu à leurs boutiques.
Interrogé par nos confrères de la Radio Espace FM, dans l’émission les Grandes Gueules, Mamadouba Tos Camara, maire de la commune de Matoto, reconnaît effectivement qu’il y avait une opération de déguerpissement dans la nuit du mercredi à jeudi.
‘’Ça fait plus d’une semaine que j’ai constaté que les femmes viennent s’asseoir sur le trottoir au niveau du rond-point de Matoto. Et quand j’ai été interpellé par l’administration du marché, j’ai demandé aux responsables des gardes communaux, de venir dégager toutes ces femmes. Moi-même je suis allé sur le terrain avec le commissariat central de la police et toute son équipe. Ça, ce n’était pas une opération mixte, c’était parce qu’on a vu que les femmes ont débordé. Maintenant, je suis allé, j’ai dit toutes les femmes qui sont derrière les murailles, on les laisse, mais toute personne qui sort hors des murailles, il faut les dégager pour que la circulation soit fluide. Maintenant, quand j’ai quitté, les gardes communaux ont été pour ramasser les tables sur le trottoir qu’ils ont envoyé dans la cour de la commune. Les femmes sont venues me voir, je dis personne ne va s’asseoir entre deux routes, c’est formellement interdit. J’ai appelé le commissariat central, je lui ai donné cette instruction. Entre-temps, on m’appelle en disant que les femmes commencent à venir. Ce jour-là, je suis allé au Gouvernorat, la Gouverneure m’a interpellé sur le sujet, qu’on dise que le plus souvent, c’est le maire qui les envoies. Je l’ai dit non ce n’est pas moi. J’ai dit, vous pouvez appeler tous les agents du commissariat central de Matoto, ils n’ont qu’à venir, vous allez demander, qui ordonne? Normalement, quand je donne des instructions, je ne dois pas sortir de mon bureau pour aller les exécuter. Quand je donne des instructions, il faut respecter mes instructions. J’ai dit que j’ai été catégorique, personne ne doit s’asseoir là-bas’’, a-t-il raconté, avant de poursuivre:
‘’Donc, hier quelqu’un m’appelle qu’il y a une émission de grandes gueules sur le même sujet. J’ai appelé le commissariat central, je lui a dit que je comprends pas comment ça se passe. Il me dit, on a entendu, de toutes les façons, on va prendre notre disposition. Entre-temps, j’avais appelé le directeur général de la police pour lui expliquer la situation. On est restés sur ça, j’étais à l’ambassade des États Unis, quand je quittais, j’ai appelé 4 fois le commissariat central à une réunion, pour qu’il vienne pour s’asseoir, afin de trouver une solution pour ne pas que ces femmes reviennent sur la route. Il n’a pas pris mes appels, j’ai directement appelé le directeur régional de la police, qui m’a promis qu’il va l’appeler. Je dis en venant, dites au commissaire central de Gbessia de se joindre à vous. Aussitôt que le commissaire centre de Gbessia est venu, le commissaire central de Matoto s’est fait représenter par son adjoint. J’ai appelé trois (3) de mes conseillers, j’ai appelé l’administrateur du marché qui est venu. J’ai pris une feuille, j’ai fait le schéma. J’ai dit ce que je ne comprends pas, les femmes derrières les murailles, quand vous les enlevez là-bas, certainement elles iront dans la rue. J’ai dit ces murailles sont faites pour que les femmes n’envahissent les chaussées. J’ai dit pourquoi ces femmes sortent hors des murailles ? Le commissaire de Gbessia a dit qu’il va prendre des dispositions par rapport à ça. Il a dit qu’il voudrait qu’on aille sur le terrain pour constater par nous-mêmes. Ainsi, j’ai dit à l’équipe de se transporter sur les lieux’’, a-t-il précisé.
Plus loin, le maire de la plus grande commune de Conakry, a laissé entendre qu’ils n’ont jamais donné l’ordre aux gardes communaux de mettre le feu aux tables.
‘’Le soir, j’ai dit à l’administrateur du marché, va voir le responsable des 30 gardes communaux, de les mettre là-bas jusqu’au petit matin. À 2 heures déjà, les gardes communaux étaient sur long du rond-point de Matoto. Maintenant, vers les 3 heures, on m’appelle qu’il y a feu au niveau du marché de Matoto. J’ai dit quel feu ? Parce que je n’en revenais pas. Je suis venu, j’ai vu que même certaines tables qui étaient derrière les murailles, ont été sorties devant les murailles, on a mis le feu dessus. Pour le moment, je me pose la même question que vous. Qui a mis le feu, qui est à la base? Pour le moment, je ne pourrais rien infirmer, ni confirmer. Ce sont les enquêtes qui vont essayer de situer la responsabilité des uns et des autres. Mais les opérations qu’on a l’habitude de faire, ce sont des opérations mixtes de la gendarmerie et de la police’’, a annoncé le maire Mamadouba Tos Camara.
CAMARA Mamadouba
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