Le grand imam de Kankan, par ailleurs inspecteur régional des affaires religieuses, a tenu ce samedi 08 Avril 2023, à son domicile privé, sis au quartier Timbo, en plein centre-ville, un point de presse. Point de presse au cours duquel, Karamô Bangaly Kaba a plaidé pour la libération des jeunes manifestants arrêtés en marge de la contestation contre le délestage du courant électrique dans le Nabaya.
Dès sa prise de parole, le grand imam de Kankan a plaidé auprès des autorités, particulièrement le président de la transition, colonel Mamadi Doumbouya, afin qu’il accepte la remise en liberté des jeunes manifestants arrêtés.
‘’Je l’ai toujours dit, ces jeunes qui ont été arrêtés, ils ont mal agi. Ils n’ont pas du tout raison. Mais malgré tout, je demande pardon pour eux. C’est mieux de prévenir que de guérir. Si Dieu lui-même ne nous pardonne pas, personne n’entrerait au paradis. Alors, ce que nous demandons au président Doumbouya, c’est de pardonner et d’accepter le pardon. C’est le pardon qui plait à Dieu’’, a-t-il demandé.
Évoquant également le problème de courant qui assaille la région de Kankan depuis toujours et qui est le plus souvent au cœur des des soulèvements populaires, l’imam Ratib assure que c’est Dieu qui donne le courant.
‘’Nous avons toujours insisté sur le fait que c’est Dieu qui va nous donner le courant. Le président Ahmed Sékou Touré, il a fait 26 ans à la tête de ce pays, il avait toutes les possibilités pour faire de notre pays, le troisième le plus électrifié en Afrique. Mais Dieu ne l’a pas voulu. Après lui, c’est le président Conté qui est arrivé. En son temps, mon père feu Karamô Sidiki Kaba et mon oncle feu Ladji Hamadou Chérif (fils du très célèbre érudit de Kankan, Karamô Sékouba Chérif), ont été dépêchés par toute la notabilité d’alors pour aller lui (le président Conté) demandé de faire le barrage de FOMI pour améliorer notre desserte électrique. Le président Conté a accepté. Mais après le départ des nos émissaires d’alors, les notables de la Basse côte, sont allés trouver le président Conté à leur tour, ce qu’ils se sont dits, c’est Dieu qui le sait. Mais cette affaire de courant, dès lors il n’a plus tenu avec le président Conté. Ensuite, Dadis et le Général Sékouba Konaté, sont arrivés et n’ont fait que un an chacun, avant qu’Alpha Condé lui ne vienne. Pendant 10 ans et beaucoup de mois, aucun n’a pu nous sortir de cette affaire de courant. Donc, c’est pourquoi nous disons toujours que le courant c’est dans la main de Dieu’’, a martelé Karamô Bangaly Kaba.
Alors que le procès des jeunes manifestants se trouvant en prison a été renvoyé au mardi prochain, pour la suite des interrogatoires, Karamô Bangaly, comme on l’appelle couramment interpelle : »Bien vrai qu’au temps d’Alpha, nous avons conscientisé et mis en garde ces jeunes à plus de 5 reprises. Mais quoi qu’il en soit, ce sont nos enfants. Parmi eux, on a des frères, des fils, on a des neveux. S’ils font une bêtise c’est à nous de la réparer. Si les sages font des bêtises, personne ne peut réparer cela, donc encore une fois, nous demandons au président Doumbouya, de mettre de l’eau dans son vain et qu’il soit avertisseur. Car ce qui se passe, c’est du jamais vu. J’ai reçu ici le haut commandant de la gendarmerie Balla Samoura. Tout le monde a vu son cortège composé des véhicules de guerre et des hommes, gendarmes et militaires qui attisent la peur. Donc, il faut respecter les dirigeants’’, a-t-il conclu.
Depuis Kankan, Gnama Kaba, pour Lerevelateur224.com
