lerevelateur224
  • Accueil
  • Politique
  • Société
  • Publireportage
  • Sport
  • Économie
  • Echos régions
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Politique
  • Société
  • Publireportage
  • Sport
  • Économie
  • Echos régions
No Result
View All Result
lerevelateur224
No Result
View All Result

Pourquoi le CFA est une monnaie coloniale et de déstabilisation ? (Par Khalil Kaba)

7 avril 2023

Une des preuves que la zone Franc est un rouage essentiel du néocolonialisme français est la réaction de Paris aux décisions de certains États africains de sortir de cette zone et de battre leur propre monnaie (Togo, Guinée, Mali, Mauritanie, Madagascar). En Guinée, le nouvel État indépendant promulgue le 1er mars 1960 une  » réforme du régime monétaire  » se traduisant par la création d’une monnaie nationale, le Franc guinéen. Cette réforme est argumentée comme suit par le président de la république guinéenne, Ahmed Sékou-Touré :  » C’est à partir de cette réforme que va pouvoir s’opérer la libération économique jusqu’alors entravée par un système financier dont la nature, les caractéristiques et la définition étaient demeurées celles de l’ancien régime, qui dépendait lui-même du système économique du pays  » métropole » « .

Depuis que Sékou-Touré avait prononcé un NON retentissant la Communauté gaulliste en 1958, il était l’objet de pressions économiques constantes de la part de l’ancienne puissance coloniale. De Gaulle veut faire un exemple en Guinée en sanctionnant celui qui avait osé dire en réponse au chantage à la fin de « l’aide  » française : « Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage . Nous ne renoncerons pas et nous ne renoncerons jamais à notre droit à l’indépendance « . Les fonctionnaires et techniciens français sont immédiatement retirés après ce discours, une véritable hémorragie financière est organisée. C’est également en réponse à ces pressions économiques qu’est prise la décision de battre une monnaie nationale. Le directeur de la Banque Centrale de Guinée restitue comme suit le contexte de cette décision : « Il s’agissait d’éviter l’étranglement de notre économie par la puissance qui la contrôlait jusqu’alors. Les caisses avaient été vidées de leur contenu. Les sociétés françaises rapatriaient leurs superbénéfices sans aucun contrôle. C’était l’hémorragie. Or on ne peut réellement contrôler une économie sans contrôler sa monnaie . « 

La réaction de Paris ne se fait pas attendre et prend la forme de « l’opération Persil « . Elle consiste à « introduire dans le pays une grande quantité de faux billets de banque guinéens dans le but de déséquilibrer l’économie  » confie un des responsables de cette opération, Maurice Robert. L’opération elle-même n’est qu’un des moyens parmi de nombreux autres pour renverser Sékou-Touré poursuit, notre Barbouze :

« Nous devions déstabiliser Sékou Touré, le rendre vulnérable, impopulaire et faciliter la prise du pouvoir par l’opposition. Une opération de cette envergure comporte plusieurs phases : le recueil et l’analyse des renseignements, l’élaboration d’un plan d’action à partir de ces renseignements, l’étude et la mise en place des moyens logistiques, l’adoption de mesures pour la réalisation du plan. Avec l’aide d’exilés guinéens réfugiés au Sénégal, nous avons aussi organisé des maquis d’opposition dans le Fouta-Djalon. L’encadrement était assuré par des experts français en opérations clandestines. Nous avons armé et entraîné ces opposants guinéens, dont beaucoup étaient des Peuls, pour qu’ils développent un climat d’insécurité en Guinée et, si possible, qu’ils renversent Sékou Touré. »

L’objectif est certes de mettre la Guinée à genoux mais également d’avertir et de menacer les autres pays de la zone Franc. « Regardez ce qui se produira si vous cherchez à vous émanciper de la zone Franc. Le choix est simple : le CFA ou la crise monétaire permanente  » traduit le journaliste Jean Chatain.
Le plan de déstabilisation du régime Sekou échoua grâce à l’engagement et au patriotisme du peuple militant de Guinée.

Au Mali en revanche un plan identique aboutit à un coup d’État qui renverse le président Modibo Keita. Dans ce pays également la sortie de la zone Franc est mise en lien avec l’objectif de « décolonisation économique  » que fixe le deuxième congrès de l’Union Soudanaise-Rassemblement Démocratique Africain (US–RDA) en septembre 1960 dont le leader Modibo Keita est président de la République. Comme en Guinée la réaction est une tentative de déstabilisation en encourageant cette fois-ci des manifestations publiques devant l’ambassade de France pour exiger le retour au Franc CFA. Pour ce faire les agents français s’appuient sur l’inquiétude de nombreux commerçants devant une monnaie nationale non convertible. Le syndicaliste et militant de l’US-RDA, Amadou Seydou Traoré se souvient comme suit de ces évènements :

« La naissance du Franc malien a sonné comme un gong sur la conscience du néocolonialisme au Mali et en Afrique de l’Ouest. C’en était trop selon l’appréciation du colonialisme et de ses agents stipendiés. Il fallait agir vite et frapper fort ; jeter à terre le pouvoir populaire. La caducité des tactiques d’entraves et d’actions dilatoires fit que la tactique de violence brutale se manifesta donc dix-neuf jours seulement après la création de la monnaie malienne sous forme de complot le 20 juillet 1962. A l’occasion, ils ont piétiné le drapeau national, déchiré des billets de banques et crié des mots d’ordre comme :  » Vive la France « , « A bas le Franc malien ».
La contre-manifestation organisée par l’US-RDA pour soutenir le Franc malien est massive. Les manifestants dénoncent ce qui s’appelle désormais le « complot du 20 juillet  » , le gouvernement malien accusant l’ambassade de France de liens avec les manifestants. La décision de faire évacuer les bases militaires françaises enveniment encore plus les relations entre le Mali et l’ancienne puissance coloniale. « Jusqu’en 1968 et la chute de Modibo Keita, renversé par un coup d’État militaire, les distances politiques et économiques que prirent le Mali et la France continuèrent à s’accroître  » résume l’historien Pierre Boilley. Le coup d’État du général Moussa Traoré de novembre 1968 signe un rapprochement immédiat avec Paris qui se concrétisera rapidement par une garantie monétaire de la Banque de France sur la base d’une série de conditionnalités et en particulier la privatisation des sociétés d’État. Les conditions étant remplies, la dette malienne est annulée par la France et le Mali reprend le Franc CFA comme monnaie en juin 1984.

La nouvelle génération doit revisiter son passé pour mieux appréhender l’actualité économique de leur pays. Le franc Guinéen est le résultat de la lutte pour la liberté et l’émancipation de tout un peuple. Il symbolise la victoire du guinéen sur le colon, de l’indépendance sur l’assujettissement.
Notre Black M a tout intérêt de maîtriser ces petites notes historiques pour éviter d’éventuels dérapages pouvant retourner une partie importante de ses compatriotes contre lui.

Khalil KABA

ShareTweetPin
Previous Post

TPI de Kankan/ Procès des jeunes manifestants: “le parquet est dans une carence notoire”, Me Mamady Doumbouya

Next Post

Sortie ratée de Black M: Le cours d’histoire de Siaka Barry à l’artiste!

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Facebook Twitter
  • KANKAN : un homme retrouvé mort sous un hangar à la nouvelle gare routière

    0 shares
    Share 0 Tweet 0
  • Bella Bah après sa libération : « Je ne sors pas de cette épreuve affaibli »

    0 shares
    Share 0 Tweet 0
  • N’Zérékoré : l’Église Shekinah apporte soutien et réconfort aux malades de l’hôpital régional

    0 shares
    Share 0 Tweet 0
  • Un exemple de la nuance entre le bon sens et la priorité (Droit) en circulation routière (Par Balla Moussa Konaté)

    0 shares
    Share 0 Tweet 0
  • LABE : un conducteur de moto-taxi tué à Kalimasso

    0 shares
    Share 0 Tweet 0

Lerevelateur224.com l’info sans passion
Journal d’information en ligne

Directeur de publication: Habib Marouane Camara

Tel: +224 628 44 55 63
+224 625 25 00 95

Adresse:

Centre commercial Chic Africa

Lambanyi centre

© Lerevelateur224.com, tous droits réservés

No Result
View All Result
  • Accueil
  • Politique
  • Société
  • Publireportage
  • Sport
  • Économie
  • Echos régions

© Lerevelateur224.com, tous droits réservés