Après avoir obtenu le report de la manifestation du 09 mars dernier, appelée par les forces vives de Guinée, les religieux continuent de multiplier les rencontres pour un dénouement heureux de la crise en Guinée. Depuis, les réactions fusent de partout.
C’est en effet le cas du leader du Bloc Libéral (BL), qui apprécie l’implication des religieux. Interrogé par nos confrères de Djoma média, Dr Faya Millimouno a demandé au Premier ministre, au CNRD et au Gouvernement, de continuer ces efforts, afin de ramener tout le monde autour de la table.
‘’Nous avons tous été contents que la manifestation qui était prévue pour hier ait été reportée. Et nous souhaitons que ces efforts là permettent l’abandon, ne serait-ce qu’à titre temporaire, parce qu’encore une fois, la manifestation est un droit, elle doit être exercée dans notre pays. Mais l’exercice de nos droits et libertés a couté au peuple de Guinée trop de vie. C’est pour cette raison, le Bloc Libéral depuis le depuis de cette période transitoire, a demandé qu’une réflexion soit faite pour que nous arrivions à une sorte d’encadrement des manifestations dans notre pays, pour ne plus que l’exercice de nos droits et libertés, nous oblige à accompagner certains de nos compatriotes au cimetière. Pour moi, le Premier ministre, le CNRD et le gouvernement, ils doivent continuer ces efforts, parce que si le prochain dialogue s’ouvre, que tout le monde soit autour de la table. Nous sommes en train de construire les fondations même de notre République’’, a conseillé M. Millimouno.
Si par ailleurs le leader du BL est favorable au retour des coalitions qui ont boudé le cadre de dialogue, il reste tout même catégorique quant à une éventuelle reprise du dialogue sur les sujets déjà débattus.
‘’Nous sommes à une période transitoire, il y a un cadre permanent qui est mis en place. Il y a eu déjà un premier dialogue sur un agenda, ça c’est conclu, on est en train de vulgariser ce qui est sorti de ce dialogue. Je ne crois pas que la République peut revenir sur ça. Sauf que durant cette période transitoire, il y aura d’autres occasions de dialogue. A cette occasion là, je souhaite que tous les acteurs y compris ceux qui n’étaient pas au premier dialogue, parce que pour moi, le débat ne se trouve pas qui est majeur, qui est mineur. C’est l’argument qu’on apporte autour de la table, c’est ce qui est important. Je trouve que ça serait contradictoire même de la part des acteurs qui vont réclamer la reprise du dialogue, parce que chacun de nous est en train de travailler pour que cette période transitoire passe très vite pour le retour à l’ordre constitutionnel normal. Par principe, c’est pas possible parce que si chacun peut s’asseoir pour dire je ne vais pas autour de la table et qui réussit à convaincre qu’il doit être autour de la table et qu’ils disent faisons table rase de tout ce qui a été fait, on recommencera de nouveau. Pendant cinq ans, nous ne ferons pas un seul pas vers le retour à l’ordre constitutionnel’’, a laissé Dr Faya Millimouno, dans l’émission ‘’On refait le monde’’, avant d’inviter le Gouvernement à faire attention.
‘’Je dis il ne faut pas que les négociations qui sont en cours soient au préjudice des valeurs de la République. Parce que si en fin de compte, on veut signer l’impunité à vie dans ce pays, on n’est pas en train de construire un pays. Donc, il faut qu’on face très attention par rapport à cela et nous ne sommes pas pour la reprise de ce sur quoi il y a eu déjà des discussions. C’est claire on est en période transitoire, tant que c’est pas terminé, il y a des discussions qui vont être faites. Je sais que parmi les préalables que nos collègues sont en train de poser, il y a l’abandon des poursuites. Parler même de l’abandon c’est irresponsable. On peut demander à la justice de diligenter les procédures en cours, mais lorsqu’on dit abandon, c’est comme si on veut obtenir le retour de certains autour de la table, au prix des valeurs de la République. Il faut que dans ce pays, que ceux qui ont géré ou qui gèrent, rendent compte de leur gestion. Donc ça ne doit pas être une condition acceptable pour le retour du tous de nos amis’’, a-t-il enchaîné.
Facinet CAMARA
