Une année après la mise en place du conseil national de la transition, l’heure est de dresser le bilan. Des acteurs politiques que nous avons interrogés en prélude à la célébration de l’an 1 du CNT, ont jeté un regard à la fois critique et admiratif, sur le déroulement des activités de l’organe législatif de la transition. Si pour Dr Édouard Zoutomou Kpogomou, de l’Alliance Nationale pour l’alternance et de la Démocratie (ANAD), le CNT a manqué de pragmatisme, pour Kéamou Bogola Haba du Front national pour la défense de la transition (FNDT), l’institution a bel et bien joué son rôle.
12 mois après leur installation, les conseillers nationaux du CNT sont sur le feu des projecteurs. Leur bilan fait le chou gras de la presse et est largement commenté par des acteurs politiques. Un bilan plutôt réjouissant, vante le promoteur du FNDT.
“Le premier bilan, c’est le fait d’abord de se maintenir. Vous savez que, à la mise en place du CNT, nous avons eu beaucoup plus de contestation sur sa composition, c’est-à-dire, des critiques acerbes contre le président de l’institution liées à sa nomination. Ils ont aussi activement participé aux débats de 2022. Le débat c’était la question de la durée de la transition. C’est d’ailleurs ce qui a occupé toute l’année. Et le CNT a joué sa partition au niveau national, mais aussi au niveau international, notamment dans l’adoption du chronogramme de la transition. Ils ont eu par contre des difficultés, dans le cadre de l’apprentissage, par rapport à la question du chronogramme présenté après les trois (3) mois par le président. Et cela a crée des problèmes internes. Mais nous attendons beaucoup d’eux et surtout sur l’avant-projet de constitution”, dira Kéamou Bogola Haba.
Un avis opposé par Dr Édouard Zoutomou Kpogomou de l’ANAD. Ce dernier, trouve plutôt que le CNT est passé à coté de sa mission.
“Disons que le CNT est venu. Il a quand même des obligations. En plus des lois qu’il devait voter, le CNT ne s’est pas du tout attelé à l’essentiel de sa mission. Donc pour moi, le CNT est passé à côté de sa mission”, titille cet allié de Cellou Dalein Diallo.
Bilan plutôt mitigé…
Des citoyens de Conakry rencontrés, se sont eux aussi exprimés sur le bilan du CNT.
“Depuis l’avènement du CNT, je ne comprends rien hein. Actuellement, on ne sait pas où en sommes-nous en ce qui concerne l’élaboration de la nouvelle constitution”, dira M. Condé, administrateur de son état, que nous avons trouvé assis dans un café, alors qu’il débattait avec ses collègues sur l’actualité nationale.
Sous couvert d’anonymat, cet autre citoyen déplore le manque de visibilité dans la réalisation des activités devant déboucher au retour à l’ordre constitutionnel.
“A un moment, le président du CNT, Dr Dansa Kourouma, avait commencé à dérouler quelques activités importantes de la transition. Il s’agit notamment du projet d’élaboration d’une nouvelle constitution. Il avait été sommé d’arrêter. Ça, tout le monde avait vu cela, à travers un communiqué du CNRD, qui parlait de la nécessité de poursuivre d’abord les activités des assises nationales. Depuis lors, rien n’a été fait, à part l’adoption des projets de lois et des ratifications d’accords avec les partenaires techniques et financiers de la Guinée. On a vu quand même des ministres défilés devant le CNT, chacun défendait son budget. C’est tout. Au-delà de ça, absolument rien n’est fait”, a-t-il égrainé.
Au-delà de l’examen et l’adoption de plusieurs textes juridiques, mais aussi la ratification de certains accords, d’autres interlocuteurs de votre quotidien électronique, estiment que rien n’a été posé à date, comme acte, allant dans le sens du retour à l’ordre constitutionnel.
Madiou BAH.

