Le suicide est l’acte de se donner volontairement la mort, selon une défintion du Larousse.
Alors que ce phénomène prend une allure inquiétante dans le pays ces derniers moments, plusieurs citoyens s’interrogent sur les facteurs sociologiques qui pourraient expliquer sa recrudescence.
A la question de savoir: qu’est-ce qui pousserait un individu à mettre fin à ses jours?
Pour en savoir mieux, notre rédaction est allé ce samedi 14 janvier à la rencontre d’un sociologue.
Pour l’enseignant-chercheur à l’UGLCSG, Mamoudou Mariam Tounkara, la dérégulation socioéconomique et politico-institutionnelle est l’un des facteurs majeurs qui pousse un individu à mettre fin à se donner la mort.
“Actuellement en Guinée, la crise économique est vraiment exacerbée de sorte que les individus ne sont pas protégés et il n’y a pas de système institutionnel de protection des individus. Donc si actuellement le phénomène de suicide bat son plein dans notre pays, on peut sans risque de se tromper affirmer que cela est dû à des facteurs socioéconomique et culturels”, explique l’enseignant-chercheur.
Les cas de suicide étant d’origine diverse, sociologiquement, il peut s’expliquer à travers quatre facteurs selon le chercheur. Il s’agit du suicide égoïste, altruiste, anomique et le suicide fataliste.
“Le suicide fataliste est lorsque l’individu pense que la cause est tellement noble. C’est le cas par exemple d’une femme qui se précipite dans un buché ardant pour mourir avec son conjoint”, souligne-t-il.
Pour le cas spécifique de la Guinée, notamment ces derniers temps, plusieurs cas de suicide ont été enregistrés. Le dernier en date est celui d’une femme à Labé qui se serait donnée la mort après avoir appris que sa fille lui avait volé de l’argent. Pour Mamoudou Mariam Tounkara, l’inégalité sociale est la principale cause.
“Nous sommes dans un climat social, politique et culturel défavorable qui fait qu’il y a ce qu’on appelle une destruction sociale.
L’individu n’est pas suffisamment pris en compte par la société guinéenne. Et on peut dire qu’en Guinée, il n’ y a pas de bonheur collectif, il n’y a que le bonheur individuel. Ce côté est très grand entre ce qu’on appelle les riches et les pauvres, c’est-à-dire, qu’il n’y a pas de classe moyenne en Guinée”, a fait remarquer Mamoudou Mariam Tounkara.
Le taux global des suicides est basé sur le nombre total de suicides, divisé par la population totale.
Selon une étude faite en 2019, sur 183 pays dans le monde par l’Organisation Mondiale de la Santé, le Lesotho est placé en tête de la liste avec 87,5 % de suicide par an, la Barbade est à la queue de ce classement. La Guinée quant à elle, occupe la 48ème place avec 12,3% de suicide par an.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com
