L’administration judiciaire a rendu un dernier hommage ce lundi 21 novembre au jeune greffier Bruno Gono Damey, de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Décédé le jeudi 16 novembre 2020 à l’hôpital Sino-guinéen de Kipé des suites de maladie, famille, amis, collaborateurs, cadres mais également le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme et tout son cabinet ont tenu à être présent à la morgue de l’hôpital HASIGUI pour témoigner de l’immense dévouement dans le travail qu’a fait montre le défunt.
A tour de rôle, les témoignages n’ont pas tari.
D’abord la parole était donnée au porte-parole du département de la justice Yaya Kairaba Kaba, au nom du ministre Charles Wright d’adresser les condoléances à la famille éplorée.
« Bruno a vécu au sein de la grande famille judiciaire, cette famille qui ne fait aucune distinction entre magistrats et greffiers. Pour le Garde des Sceaux, pour tout son cabinet, magistrats et greffiers constituent les membres de la famille judiciaire dont la direction aujourd’hui lui a été confiée. Cette famille judiciaire ne fait aucune distinction également communautaire, il s’agit d’une famille intellectuelle, d’une famille de juristes, d’une famille d’hommes chargés de donner le bon exemple. Bruno est un membre à part entière de cette famille. Bruno, aujourd’hui est adopté malgré lui cette position horizontale qui ne sera plus jamais verticale nous quitte en nous laissant émouvants souvenirs”, a-t-il dit.

Pour Aly Touré, procureur spécial de la CRIEF, la collaboration avec le défunt n’a été de courte durée, mais plein de sens et de signification.
“La mort en quelque circonstance est douloureuse surtout lorsqu’elle intervient quand vous venez de commencer la collaboration avec un être humain. Je viens ici devant tout le monde pour dire que si Bruno a manqué ou va manquer à sa famille biologique, il nous manquera encore plus intensément. Parce qu’en fin, c’est quelqu’un que nous avons connu dans la collaboration il n’y a que peu si moi je devrais dire. Mais pendant ce petit temps, il nous a donné un grand espoir, il nous a adoptés. Lorsque la nouvelle de sa maladie est tombée à la CRIEF, toute affaire cessante, nous nous sommes rendus à l’hôpital, ce jour, on n’a point tenu d’audience”, a témoigné Aly Touré.

Au nom de l’Association des Greffiers de Guinée (AGG), c’est Abdourahamane Diallo qui a porté sa voix:
» Tu pars avant nous, bien trop tôt, bien trop vite. Et ta disparition nous rappelle comme une évidence finalement que nous sommes bien peu de choses et qu’il faut profiter de chaque seconde, de chaque minute d’ici-bas. Nous sommes heureux que tu (Bruno, ndlr) aie accordé quelques-unes. Toi qui savais faire beaucoup avec si peu, toi qui savais cultiver l’amour et l’amitié dans ton entourage familial et professionnel”,a également témoigné le porte-parole de l’association.

Plusieurs témoignages ont ponctué ce symposium notamment ceux des parents et les amis de Bruno Gono Damey qui ont à cette occasion profité pour remercier l’ensemble de l’appareil judiciaire de Guinée pour la marque d’attention et de compassion qu’il n’a cessé de porter à leur famille depuis la disparition physique du défunt.
Né en octobre 1994 à Kankan, Bruno Gono Damey était marié et père d’une fille de 4 ans.

Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com
