Le procès du massacre du 28 septembre 2009 a repris ce lundi, 14 novembre 2022 au tribunal criminel de Dixinn. Pour cette 18ème journée d’audience, c’est le colonel Abdoulaye Chérif Diaby, ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique sous le CNDD qui comparaît à la barre pour parler de son implication présumée dans ces événements douloureux.
Devant le juge Ibrahima Sory II Tounkara, le colonel Diaby dit n’avoir vu que 57 corps au moment des faits. Ce qui serait contraire aux chiffres faisant cas de 157 morts au stade de Conakry le 28 septembre.
« J’ai vu les corps mais pas le corps nu. C’est le médecin légiste qui est compétent pour nous dire comment ces gens sont morts. Moi, je n’en sais rien. C’est le professeur Hassan Bah, médecin légiste qui était chargé de la gestion de ces corps. Je précise que ce sont 57 corps. Moi, je pensais qu’ils sont morts suite à une bousculade. Sinon, je n’aurai jamais imaginé qu’une telle tragédie se serait produite au stade ce jour là. Je ne minimise pas les chiffres, je dis ce que j’ai vu et les informations qu’on m’a remontées. Ce qu’on m’a montré à la morgue, c’est 57 corps. En tout cas c’est ce qui a été présenté au ministère de la Santé.
Je suis venu à l’hôpital mais j’ai pas pris assez de temps. J’ai vu beaucoup de blessés. Je suis parti voir le service des urgences et ils s’occupaient déjà des malades mais ça n’allait pas du tout. Il fallait donc ouvrir la pharmacie centrale pour faciliter le traitement des blessés. Mais la clé de la pharmacie était avec Dr Abdourahamane Diallo, qui était jusqu’à Nongo Taady. On est partis le chercher à Nongo et en cours de route, ils m’ont laissé au camp Alpha Yaya Diallo où je devrais rencontrer le président de la République pour lui rendre compte. Donc, je suis resté là et Dr Abdourahamane a continué avec mon chauffeur », a-t-il dit.
Accusé d’avoir tenu des propos injurieux à l’hôpital de Donka à l’encontre des personnes blessées lors des massacres au stade, le ministre Abdoulaye Chérif Diaby répond:
« Je suis un médecin clinicien et non un médecin de santé publique. Je ne peux pas insulter un malade, ma profession ne me le permet pas. Quelque soit ma cruauté, je ne peux me permettre d’insulter les malades. Non, je ne peux pas faire de telles atrocités », s’est défendu l’accusé, qui continue à répondre aux questions du parquet.
Affaire à suivre!
Bah Mohamed

