Depuis quelques mois, les chinois envahissent quelques villages de Siguiri pour se livrer clandestinement à l’exploitation de l’or. Une situation qui contribue énormément à la dégradation de l’environnement. Selon nos informations recueillies sur place, nombreux sont ces chinois qui aujourd’hui, se livrent à cette activité sans être dotés d’un permis d’exploitation.
Ils préfèrent un arrangement avec les autorités locales (président de district, les sages, président de la jeunesse…) pour avoir accès à des sites d’exploitation. Pourtant, cette pratique engendre de nos jours la destruction des cours d’eaux ( marigots, rivières), la déforestation et la détérioration du sol propice à l’agriculture.
Rencontré sur les lieux, le président du district de Kouroulèn a attiré l’attention des autorités préfectorales par rapport à ce fait qu’il qualifie de désastreux.
“Nous, on s’est battus par tous les moyens qu’on dispose pour lutter efficacement contre cette pratique honteuse pour notre communauté. Mais jusque là, on n’arrive pas à l’éradiquer. Mais ce qui nous intrigue dans tout ça, c’est le fait que nos autorités préfectorales refusent de nous appuyer dans cette lutte farouche. Donc, nous, on a l’impression comme si elles ont été arrangées en amont. Quand vous visitez aujourd’hui nos différents sites d’exploitation, vous vous rendrez compte qu’ils sont en train de nous créer une vie de l’enfer dans le futur et cela se passe au vu et au su de toutes les autorités de la préfecture sans aucune réaction concrète.
Vraiment nous sommes complètement dépassés aujourd’hui et il nous faut nécessairement l’implication de l’État pour vite arrêter ce mal qui est en train de prendre une allure inquiétante dans notre préfecture”, martèle-t-il.
De son côté, le directeur préfectoral des mines et géologie, Seydou Condé a tenté de se dédouaner avant de tenir les autorités locales pour responsables de cette situation.
“Nous les autorités préfectorales, nous ne sommes pour rien dans cette affaire. Je veux dire que ce sont des autorités locales ( président de district, maire, président de la jeunesse, les sages) qui sont à la base. Ces gens là se permettent de faire rentrer les chinois pour les faire travailler sous forme de partenariat et sans passer par nous le service technique. Or, quand ça chauffe entre eux, ils cherchent maintenant à aller nous voir pour une réglementation. Présentement à Siguiri, on rencontre trois types de chinois: les chinois qui ont les papiers officiels, les chinois qui n’ont aucun papier et qui sont utilisés par quelques particuliers pour des intérêts égoïstes, et troisièmement, les chinois qui sont dans les mains des autorités locales sans que la direction ne soit informée. Nous avons tout essayé, mais jusqu’à présent, le fait persiste toujours”, déplore t-il.
En colère contre cette exploitation irrationnelle et clandestine de l’or, la population de Bouré Daba, un district relevant de la sous-préfecture de Didi, a manifesté ce vendredi, 11 octobre 2022 pour demander le départ des chinois sur leur territoire. Au cours de la manifestation, plusieurs engins des chinois ont été saisis par des citoyens qui étaient rouges de colère.
Siguiri, Mamadou Koumana Diallo pour lerevelateur224.com
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