Le procureur général près la Cour d’Appel de Conakry a eu un premier contact ce jeudi 13 octobre avec les procureurs d’instance, les chefs de service centraux et Directeurs de la gendarmerie et de la police, les commissaires de division et officiers de Police Judiciaires du grand Conakry. Objectif, discuter du fonctionnement de la chaîne pénale mais aussi échanger sur la question du renouvellement des habilitations des Officiers de Police judiciaire de son ressort.
Pendant de longues heures, le patron de la Cour d’Appel et ces responsables de police et de la gendarmerie ont discuté de certains dysfonctionnements existant dans la chaîne pénale. Yamoussa Conté dit constater avec amertume plusieurs manquements aux obligations et devoirs des OPJ vis-à-vis des procureurs de son ressort depuis sa prise de fonction. Pour lui, ces dysfonctionnements risquent d’entraver aux acquis déjà obtenus.
» On leur a rappelé les obligations qui les incombent et suite à cela, on leur a donné la parole par rapport aux difficultés. Et la première difficulté qu’ils ont eu à relever c’est bien l’acheminement des Procès-Verbaux (PV) qui est un problème pour eux. Des moyens financiers, logistiques. Et au-delà de ça, ils souhaiteraient surtout qu’on mette une flotte en place qui va exister entre les parquets d’instance et les officiers de police judiciaires”, a confié Yamoussa Conté.
Désormais, le parquet général compte sévir contre des officiers de police judiciaires qui se livreront à des pratiques peu orthodoxes dans le cadre du non-respect de la chaîne pénale notamment, les mesures de garde à vue dans les commissariats et gendarmerie.
» La recréation est terminée et c’est par rapport aux pratiques peu orthodoxes que certains officiers de police judiciaire se prêtent. C’est-à-dire, ils interpellent un citoyen et le plus souvent, on constate que c’est une affaire civile. Ils se substituent aux huissiers et j’ai dit si je constate cela dans une unité, non seulement, l’OPJ va être sanctionné à la hauteur de sa forfaiture et nous suspendons toute activité de police judiciaire dans cette unité » a-t-il prévenu.

Interrogé, Sous-lieutenant Yoyo, chef PJ en service à la compagnie de la gendarmerie territoriale de Forécariah a soulevé quelques difficultés que les OPJ rencontrent sur le terrain dans l’exercice de leurs missions.
» Ce n’est pas tous les OPJ qui ont les moyens, il y a certains qui n’ont pas d’outils informatiques. Quelquefois, il y a le problème d’électricité qui s’oppose. Est-ce que dans cette situation, le délai de garde à vue pourra être respecté ? » S’interroge-t-elle
Concernant ces difficultés évoquées, le procureur général Yamoussa Conté a promis à ces agents qu’il remontera toutes ces informations à qui de droit pour examen.

Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com