Une transition qui dure se transforme toujours en machine de crises (politique, sociale, économique et institutionnelle).
Le contexte géopolitique mondial n’est plus le même qu’il y a 64 ans pour que la Guinée rame à contre courant ou se recroqueville dans un nationalisme contre-productif.
Les sanctions de la CEDEAO feront plus mal au peuple de Guinée qu’au CNRD. Elles viendront assaisonner une pauvreté et une misère humiliante qui touchent la grande majorité des menages guinéens.
Le colonel Mamadi Doumbouya et son équipe gagneront plus à apaiser les tensions au niveau local ainsi qu’à l’international en acceptant d’être flexibles sur certaines questions qui constituent, ma foi, des points d’achoppement notamment la durée de la transition, l’instauration d’un dialogue franc avec les acteurs politiques et sociaux représentatifs , la définition d’un chronogramme clair pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Le maintien du statuquo est un début d’échec de cette transition qui se veut pourtant inclusif ,ouvert et participatif.
Plus le temps passe, plus il est aiser de se rendre compte d’une volonté subtile de confiscation du pouvoir . Les discours caustiques et va -t-en guerre tenus par certains membres du gouvernement en réponse à certaines préoccupations des acteurs politiques et sociaux et de la Cedeao en sont une preuve palpable.
Il est temps pour le CNRD de reconsidérer ses positions et d’adopter une position conciliante permettant de maximiser les chances de réussite de cette transition.
Comme le Président Damiba du Burkina Faso, le colonel Mamadi Doumbouya doit faire en sorte que tous les acteurs concernés par cette transition se reconnaissent dans l’orientation qu’il souhaite donner à la Guinée. La gestion concertée de la transition dispensera notre pays des manifestations intempestives, des pertes en vies humaines , des empoisonnement uniles, des exils forcés et des restrictions économiques avec ses multiples dommages sur le panier de la ménagère.
Toute démarche contraire plongera la Guinée dans ses travers et surtout dans un cycle de perpétuel recommencement . Et cela, aucun Guinéen n’en besoin.
Khalil Djafounouka KABA
