Située à quelques sept (7) km de la terre ferme de Conakry, l’île de Ksssa, érigée en Commune urbaine il y a pratiquement une année par l’ancien régime, souffre aujourd’hui d’un gigantesque manque d’infrastructures scolaires. C’est du moins ce qu’a constaté l’un de nos reporters qui s’y est rendu sur les lieux ce samedi, 3 septembre 2022.
Les cinq (5) écoles primaires et le seul collège de la localité sont dans un état de dégradation avancée à cause d’un énorme manque d’entretien. A cela, s’ajoute également le manque d’enseignants, selon l’ancien Directeur de l’école primaire de cette localité. Les travaux du seul lycée qui était censé soulager en attendant les habitants de Kassa vont aussi à pas de caméléon pour des raisons dont ignore encore.
A en croire Mohamed Lamine Sylla, Directeur de l’école Primaire de Kassa pendant 17 ans, aujourd’hui à la retraite, toutes les écoles sur cette île datent du temps colonial. Pire, seulement quelques unes d’entre elles ont connu de rénovation.
“Toutes ces écoles primaires datent du temps colonial, ce sont des écoles vétustes. L’école de Kassa d’où l’on avait été, son effectif est de 750 élèves. Vous pouvez rentrer dans une classe et trouver 110 élèves. Cela est insupportable pour un seul enseignant. Quand vous partez à Room, les cours sont donnés par multigrades. C’est seulement sur les îles qu’on trouve des cours à multigrades. Dans certaines écoles, c’est des cours à mi-temps. Ce sont des infrastructures très très vieilles car, il y a des écoles qui n’ont même pas de latrines. C’est pourquoi quand le ministre de l’Éducation était venu ici, on lui a montré toutes ces écoles qui n’ont jamais connu de rénovation depuis le temps colonial. A part la vétusté, nous sommes en manque d’enseignants aussi”, a-t-il fait remarquer, avant d’énumérer les besoins d’urgence de cette commune.
“Nos besoins d’abord, c’est les enseignants. Ensuite, les infrastructures parce que quand vous rentrez dans une seule salle, vous trouverez au minimum 80 élèves et maximum 110 élèves. Quand j’étais Directeur, vous savez, chaque fin d’année, les Directeurs doivent faire leurs rapports annuels. Donc chaque fin d’année, j’adressais un rapport à la Direction communale de l’éducation qui remontait ces informations. Mais quand ça va, on remettait de côté. C’est pourquoi si nous apprenons au temps du régime passé entendre parler le ministre d’alors, qu’ils ont fait des classes, mais nous on n’a pas connu ça”, s’est indigné Mohamed Lamine Sylla.

Interrogé, le maire de cette commune a interpellé les autorités sur la nécessité de construire des infrastructures dignes de nom sur l’île. Pour Abou Samaké, cela contribuera à la réduction du taux d’abandon scolaire au profit de la pêche sur l’île. Un phonème qui a occasionné un taux d’échec élevé cette année aux différents examens nationaux.
Depuis Kassa, Moussa Rama pour Lerevelateur224.com

