Ils sont une centaine de travailleurs de l’usine KKT Royal en fin de contrat à battre le pavé ce jeudi 30 juin 2020. Ces grévistes rouges de colère qui se disent visés par un licenciement, demandent des mesures d’accompagnement et le paiement du salaire du mois de juin avant tout départ.
Pour exprimer leur colère et frustration, ces manifestants ont suspendu leurs activités au sein de l’usine. Ce, pour exiger la prise en compte de leurs revendications, selon Ibrahima Kalil Camara, porte-parole des grévistes.
“Nous sommes venus pour travailler ici. On a signé un contrat avec monsieur Camara. Moi j’ai fait 3 mois ici, d’autres ont fait 6 mois, 4 mois et autres. Hier, il est rentré dans l’usine, il nous a dit: votre contrat est fini et demain je vous paie à 19h, déposez nos tenues et vous partez chez vous. On lui a dit monsieur Camara: nous, on ne peut pas partir comme ça sans nous régler. Si le contrat est fini vous devenez nous régler. Il dit non ici, il n’y a pas de règlement entre nous. Nous aussi on a dit qu’on ne va pas travailler aujourd’hui. La direction nous a dit de partir porter plainte à l’Inspection Générale du travail. Nous aussi, on a dit qu’on n’a pas les capacités de partir là-bas. Le boss nous dit que si on a la force, lui il a l’argent”, a-t-il évoqué avant d’ajouter :
“On demande aujourd’hui notre règlement de 520 mille francs et le mois c’est 890 mille francs. On travaille ici de 9h à 20h. On réclame notre salaire et notre règlement parce que nous tous on doit aller à la maison. Ils doivent nous payer ce mois et notre règlement. Ils veulent juste nous licencier si non, c’est écrit sur le contrat qu’il est renouvelable”, a-t-il laissé entendre.
Lors de la précédente grève, Mamadouba Tos Camara, maire de la commune de Matoto s’est personnellement impliqué pour une résolution à l’amiable. Mais pour cette fois-ci, les grévistes ne comptent pas sur le maire de Matoto qu’ils taxent d’ailleurs de corrompu.
“On n’a pas d’appel à lancer au maire (Mamadouba Tos Camara ndlr) parce que dans le mois novembre passé, nos amis ont grévé ici, ils sont partis jusqu’à la Mairie et le maire a bafoué cette affaire. Le maire a été corrompu par la direction parce que le boss a l’argent et nous, nous sommes pauvres”, a déclaré cet autre travailleur.
De son côté, Tamba Timothé Tolno un autre gréviste interrogé par notre reporter raconte son cas.
“Moi, j’ai fait 1 an et quelques mois ici. Aujourd’hui, on m’a demandé de sortir que mon contrat est fini. Je n’en disconviens pas. Moi, je leur ai demandé tout doucement, j’ai fait des mois et des années avec vous ici, je n’ai pas pagaillé, je n’ai pas insulté, vous m’avez demandé de monter, je suis monté, vous m’avez demandé de descendre je suis descendu. Maintenant si vous me demandez d’aller à la maison, je suis d’accord avec vous . Mais ce que je demande, réglez moi. Vous ne pouvez pas m’envoyer à la maison avec les mains vides. Donc c’est ça notre manifestation du jour”.

Au moment où nous quittions les lieux, les manifestants avaient arrêté les travaux au sein de cette usine sous le regard des policiers, appelés en renfort par la direction de l’usine KKT.
Amadou Oury Barry pour lerevelateur224.com
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