Ce jeudi, 09 Juin, la préfecture de Dinguiraye a été le théâtre de violentes manifestations qui ont causé des dégâts matériels importants.
Tout est parti d’un accident de moto survenu à la veille et qui a été causé par un des gendarmes postés au barrage de TÉMÉNÉDOUGOU dont le co-pilote a succombé à ses blessures à l’hôpital préfectoral de Dinguiraye. Après le décès, dans la soirée, certains jeunes leaders de Dinguiraye ont projeté une réunion le jeudi matin pour échanger sur comment assister la famille mortuaire à rapatrier le corps. Mais cette réunion a été annulée tard la nuit vu que certains avaient autres intentions. Malheureusement, tout le monde n’a pas été informé de l’annulation de la réunion, surtout ceux de Siguiri qui étaient venus en grand nombre.
Alors le jeudi matin, ils sont venus remplir la maison des jeunes mais ont constaté l’absence des jeunes de Dinguiraye dans la salle. Ils se sont donc sentis trahis et ont décidé de prendre à bras le corps leur problème pour venger la mort de leur parent. C’est ainsi qu’ils sont allés à la préfecture pour rencontrer les autorités administratives et judiciaires. Après quelques heures d’échanges, ils ont commencé à ériger les barricader sur les routes pour bloquer la circulation. Certains jeunes de Dinguiraye se sont associés à eux.
Suite au comportement des agents au niveau du barrage depuis un bon temps et aux frustrations ces derniers temps dûes à la récupération des domaines de l’État où des maisons de plusieurs personnes ont été cochées et au déguerpissement des emprises de la route qui faisaient vivre des dizaines de familles, les gens ont profité de l’occasion pour régler leurs comptes avec les autorités.
Le commandant du camp militaire, Florent Oulémou, certains imams et jeunes leaders avaient réussi à calmer les gens et baisser les tensions. Lorsque les gens descendaient vers la ville, arrivés au niveau de la gendarmerie ceux qui étaient là y ont cru que les gens étaient venus s’attaquer à eux. Alors ils ont jeté le gaz lacrymogène sur la foule. Ce qui a mis le feu à la paille. Les gens ont riposté violemment. Il n’y a pas eu de perte en vie humaine mais des dégâts matériels importants ont été enregistrés.

La gendarmerie a d’abord été saccagée et finalement les agents qui étaient là et qui étaient à court de gaz, ont pris la poudre d’escampette. La gendarmerie a été incendiée avec tout son contenu (documents, denrées alimentaires, équipements de bureau etc). Dans la cour, sept motos et deux véhicules ont été brûlés.

De là, ils sont allés à la police où ils se sont livré aux mêmes actes. Le bloc et son contenu, une vingtaine de motos et deux pick-ups ont été réduits en cendres. Ils ont voulu se retourner contre le bloc administratif, la justice et la prison civile mais grâce à l’esprit managérial du commandant et l’intervention de certains jeunes leaders, ces lieux n’ont pas été touchés.

Au lendemain de ces malheureux événements, le calme règne dans la cité d’Elhadj Omar Tall.
Dinguiraye, Ibrahima Braddock Diakité pour lerevelateur224.com
