A peine adoptée à l’hémicycle hier mercredi, lors d’une session plénière qui a mobilisé les conseillers nationaux pour la circonstance, la durée de trois ans pour la transition guinéenne fait jaser. Acteurs politiques et sociaux, chacun y va de son commentaire. Si au niveau du Front National pour la Défense de la Constitution, on rejette cette durée, au Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne, c’est tout le contraire qui se produit. Par la voix de son secrétaire exécutif, le CNOSCG salue cette décision.
Si le Front dirigé actuellement par Oumar Sylla, alias Foniké Menguè pense que le Conseil National de la Transition n’a ni la légitimité ni les compétences pour fixer la durée de la transition, le CNOSCG de son côté croit que ces 36 mois adoptés sont même insuffisants pour un retour normal à l’ordre constitutionnel.
‘’Nous avons été marqués par le caractère des débats au CNT. Car, c’est l’ensemble des commissions qui ont travaillé sur ce chronogramme et en toute démocratie, qui ont fait des propositions et des compte-rendus devant toute la plénière. Ce caractère démocratique nous prouve à suffisance que nous avons une institution qui est vraiment indépendante. Indépendante pourquoi ? Parce que la majeure partie des guinéens pensait que ce délai du CNRD allait être automatiquement validé. Mais le CNT a adopté 36 mois. Cela voudrait dire que nous avons une institution démocratique’’, indique Ange Gabriel Haba.
Alors que des réactions fusent de partout notamment au sein de la classe politique pour dénoncer et rejeter ces 36 mois, le secrétaire exécutif de cette organisation autrefois dirigée par Dr. Dansa Kourouma, laisse entendre que ces trois ans sont même insuffisants pour permettre à l’autorité militaire de mettre le pays sur le bon chemin.
‘’36 mois pour refonder notre pays, 36 mois pour revenir à l’ordre constitutionnel, 36 mois pour mettre en place des institutions démocratiques, irréversibles, pour mettre en place des institutions pouvant nous garantir les bases d’une démocratie et d’un Etat de droit. 36 mois pour lutter contre la corruption et le détournement malgré que c’est un défi, 36 mois pour aboutir à des résultats escomptés de ce que la CRIEF est en train de faire aujourd’hui, des récupérations des biens de l’Etat. 36 mois pour mettre la Guinée sur les rails, je pense que c’est petit dans un État où on a presque tout subi’’, a-t-il soutenu.
Par ailleurs, Ange Gabriel Haba invite tous les guinéens épris de paix et de Justice à accompagner et soutenir cette transition en cours pour qu’elle soit la dernière en République de Guinée.
Bah Mohamed

