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‘’La Soguipah est une entreprise qui n’a pas été bien gérée ces dernières années et, qui n’est pas bien gérée actuellement’’, (Ministre)

21 avril 2022

 

Depuis quelques mois, la grogne au sein de la SOGUIPAH (Société Guinéenne de Palmiers à Huile et d’Hévéas) ne cesse de s’intensifier avec des manifestations récurrentes des travailleurs. Des travailleurs abandonnés qui, pour la plupart du temps, dénoncent leurs conditions de vie « misérables ». Située dans les Sous-préfectures de Diécké et de Bignamou relevant de la préfecture de Yomou, la Soguipah est une société publique créée depuis 1987, mais qui a toujours été mal gérée, selon le ministre guinéen de l’Agriculture qui promet enfin de prendre ses responsabilités.

 

Lors d’une récente conférence de presse qu’il a animée à Conakry, le ministre Mamoudou Nagnalen Barry, a fait un zoom sur la mauvaise gestion au sein de cette société étatique.

 

« La Soguipah et la société cotonnière de Kankan sont les sociétés publiques qui relèvent de la tutelle technique du ministère de l’agriculture et de l’élevage. La Soguipah est une entreprise qui n’a pas été bien gérée ces dernières années et, qui n’est pas bien gérée actuellement. C’est une entreprise qui n’a pas tenu de conseil d’administration pendant au moins une dizaine d’années. Une entreprise qui n’a pas tenu de conseil d’administration pendant une seule année, n’est pas bien gérée à plus forte raison celle qui ne l’a pas fait pendant des années.

Le président nous a interpellés, tous les ministres, de tout faire pour les conseils d’administration des sociétés publiques. Parce que sans conseil d’administration, une société publique ne peut pas émerger », a-t-il indiqué.

 

Ouvrant une parenthèse sur les conditions de vie des travailleurs de la Soguipah qu’il juge peu orthodoxes, le ministre laisse entendre que cette société a plutôt besoin d’une révolution au-delà d’une simple réforme.

 

« Soguipah, c’est une entreprise qui a un effectif très grand par rapport à ses besoins. C’est une entreprise sincèrement, qui n’a pas seulement besoin de réformes mais qui a besoin d’une révolution. On doit rompre complètement avec la manière dont la Soguipah a été gérée. C’est une entreprise qui a du mal à tenir ses planteurs, c’est choquant. C’est très choquant que les gens plantent car, quand tu plantes l’hévéa, tu dois saigner et tout ça là, ce sont des travaux fastidieux et après, attendre six mois avant d’être payé. Nous en sommes conscients, je peux vous rassurer que même hier à la présidence on a parlé de la Soguipah.

Nous sommes une équipe qui veut trouver des solutions définitives et graduelles aux problèmes. On est pas pressés, le débat ce n’est pas il faut enlever tel ou il faut mettre tel, c’est pas là-bas le débat. Le débat c’est pas il faut garder le bureau ici, il faut envoyer le bureau là-bas. D’ailleurs on a transféré le bureau à Diecké, il y avait 170 personnes je crois à Conakry, on a demandé de ramener cela à dix personnes », a expliqué Mamoudou Nagnalen, qui fait quelques révélations sur la gestion « malsaine  » de cette entreprise.

 

« Le DG était à Conakry, vous pouvez imaginer pour une entreprise qui se trouve à Yomou depuis toujours. Donc c’est pas l’année passée, hein c’est depuis toujours. C’est incroyable que depuis les années 90, la première personnalité de l’entreprise est à Conakry et elle va visiter l’entreprise deux ou trois fois par an. Et j’ai même appris que certains dirigeants prenaient l’avion pour aller au Libéria et revenir visiter, parce qu’ils ont peur de faire la route. Vous pouvez imaginer ce qu’on a vécu dans ce pays là? C’est incroyable! », s’est-il étonné, avant de confier que le gouvernement fera tout pour remettre la Soguipah sur ses pieds et satisfaire ses travailleurs.

 

« Mais j’ai dit à la Soguipah, je suis allé, y avait des travailleurs qui étaient dans la rue et qui scandaient des propos contre la direction générale, j’ai garé le cortège, je suis allé leur parler. Je leur ai dit que cette promesse, je ne l’oublie pas.

Nous allons faire de la Soguipah une entreprise normale cette année. Une entreprise normale, c’est une entreprise qui tient ses conseils d’administration, qui a un système de contrôle; qui paie ses factures; qui paie ses employés et qui paie par-dessus tout les planteurs. C’est ce qu’on va faire cette année à la Soguipah et je peux vous rassurer qu’on va le faire », a promis le ministre de l’Agriculture.

Bah Mohamed 

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