En début mars 2022, des centrales syndicales avaient déposé un mémorandum au niveau du gouvernement, en menaçant d’abandonner les cours si leurs revendications ne sont pas prises en compte. Des revendications parmi lesquelles, figurent entre autres l’augmentation de l’indice salariale à hauteur de 50%, l’augmentation de la pension; des primes et indemnités, la construction des logements sociaux, le recrutement des enseignants, mais aussi et surtout la mise à disposition d’un budget de fonctionnement dans le cadre de la formation continu des enseignants.
Des demandes face auxquelles le gouvernement guinéen de la transition a bien décidé de céder en ouvrant un cadre de dialogue. Sauf que selon certains syndicalistes, l’Etat s’est complètement trompé d’interlocuteur. C’est le cas de Michel Pépé Balamou, secrétaire général du SNE, qui a été joint au téléphone ce mardi, 05 avril par l’un de nos reporters.
« Aujourd’hui, nous apprenons que le gouvernement négocie avec les centrales syndicales qui ne connaissent rien des problèmes de l’éducation. Les revendications de l’éducation sont des revendications coopératrices, sectorielles, catégorielles qui n’engagent que les syndicats de l’éducation. La preuve en est qu’en 2020, ce sont les secrétaires généraux de l’éducation qui ont négocié. Mais pourquoi pas cette fois-ci? On fait une négociation sans faire appel aux secrétaires généraux de l’inter syndical. C’est pourquoi, nous, nous avons dit que si le gouvernement dans les 24 heures qui vont suivre ne nous fait pas appel, nous allons déposer un préavis de grève », a dit le syndicaliste, qui fait savoir au gouvernement qu’il s’est trompé d’interlocuteur.
« Nous pensons que le gouvernement saura raison gardée pour comprendre que ces centrales-là ne sont pas les vraies interlocutrices, les vraies interlocuteurs, ce sont les syndicats de l’éducation. C’est l’éducation qui est le fer de lance de toutes les contestations de 1990 à nos jours. Un secteur éducatif apaisé est égal à une transition réussie. Donc, nous pensons que nous sommes porteurs de dialogue et nous pensons aussi qu’ils vont nous appeler pour que nous puissions sauver la face devant les travailleurs de l’éducation », a-t-il laissé entendre.
Cependant, Michel Pépé Balamou demande au gouvernement de faire attention à certaines centrales syndicales de l’éducation qu’il qualifie d’ »arnaqueurs ».
« Le message que je vais lancer au gouvernement, c’est de ne pas croire en ces syndicats. Ce sont des arnaqueurs, des trompeurs de régime. Ils ont trompé le Président Alpha Condé en disant qu’ils pouvaient canaliser la grève du SLECG d’Aboubacar Soumah, ils n’ont pas pu. Et aujourd’hui, ce sont les mêmes syndicalistes retraités qui sont en train de lutter pour avoir ce qu’on peut appeler la subvention de trois (3) milliards et les postes dans les différents conseils d’administration au lieu de penser à défendre les travailleurs. Donc, ils ne sont ni légitimes, ni légaux », martèle-t-il
Moussa Rama, pour Lerévélateur224.com