La Cour d’Appel de Conakry a rendu son arrêt ce lundi, 14 mars dans l’affaire Oumar Sylla dit Foniké Menguè contre le commissaire Fabou Camara. L’ex directeur central de la police judiciaire (DCPJ) a été déclaré coupable des fait d’abus d’autorité alors qu’il était poursuivi par le coordinateur du FNDC pour arrestation arbitraire, dénonciation calomnieuse, menaces, violences et injures. Pour Maitre Antoine Pépé Lamah, un des avocats de la partie civile, cette décision de la cour vient de hausser le ton contre l’impunité grandissante en Guinée.
« Nous sortons de cette audience satisfaits. D’abord, de l’arrêt qui vient d’être prononcé par la première chambre correctionnelle de la cour d’Appel de Conakry qui a retenu monsieur Aboubacar Fabou Camara dans les liens de la culpabilité pour les faits d’abus d’autorité autrement dit, d’atteinte à la liberté individuelle. Il a été condamné à une peine d’emprisonnement de six mois assortis de sursis.
C’est une décision historique, qui vient partiellement soulager la souffrance que cet officier de la police judiciaire a infligé à monsieur Oumar Sylla, alias Foniké Menguè dans ses locaux pendant huit jours. C’est une décision qui vient donner la fin de l’impunité, une décision qui à mon avis doit inspirer tous ceux qui voudront à l’avenir servir un homme avec zèle. Je pense que cette décision va servir de leçon à tous ceux qui sont porteurs de tenue, à tous ceux qui sont investis d’une mission de service public, de sevir la République avec l’égalité, dans la modestie et dans le respect des droits individuels », a-t-il indiqué.

De son côté, l’avocat de Fabou Camara trouve cette sentence juste, surtout que les infractions pour lesquelles son client était poursuivies non pas été prises en compte.
« Nous nous dirons qu’il y a eu condamnation sur la seule demande du parquet mais non sur la base de la plainte qui a été formulée par Oumar Sylla dit Foniké Menguè. Bon puisqu’en la matière vous le savez il n’ya aucun recours, donc nous nous en remettons à cette décision et comme vous pouvez le constater, nullement il n’a été question des demandes formulées par Foniké Menguè. Il a été plutôt question de sanctionner un abus d’autorité », a lâché maître Fodé Kaba Chérif, avocat de la défense.

Il faut préciser que l’ancien directeur central de la police judiciaire fait aussi face à une autre plainte de Ibrahima Diallo et Sekou Koundouno, tous du FNDC. Dans ce dossier, il est poursuivi avec Mohamed Simakan de la brigade de recherches et d’intervention (BRI) pour violences volontaires, atteinte à la vie privée, violation de domicile et destruction de biens. Cette affaire a été renvoyée au 28 mars prochain à cause, en attendant que le premier juge de la cour se prononce sur la récusation prononcée à l’encontre du juge en charge de ladite affaire.
Bah Mohamed