Le limogeage du Maire de Matam, Seydouba Sacko issu du parti UFR de l’ancien Premier ministre Sidya Touré, pour détournement présumé de fonds publics ne laisse pas de marbre Youssouf Camara, Conseiller communal.
Ce conseiller de ladite commune, qui depuis trois (3) ans, dit-il, s’est battu pour une meilleure répartition des fonds publics issus des recouvrements a déclaré ce mardi 15 février 2022 quand il a été joint par notre rédaction ne pas être surpris de la décision prise par le Colonel Doumbouya.
De médias en médias, Youssouf Camara avait dénoncé avec virulence la gestion »opaque » du premier responsable de cette municipalité, jusqu’à ce que cette décision de haut niveau tombe à la grande surprise de tous ce lundi 14 février.
« Moi je n’étais nullement pas étonné, et je savais que quand on appliquait la loi que cela allait arriver. Cela est un signal fort pour d’autres élus de leur attente sur la gestion des fonds. Ce qui se passait dans ma commune (Matam ndlr) c’est à tous les niveaux depuis 2019. Cela fait trois(3) ans jour pour jour que je me suis élevé contre cette pratique. Parce que quand vous mobilisez des fonds appartenant à la collectivité, si cette population est abandonnée à son propre sort, si les travailleurs communaux eux-mêmes ne sont pas payés, ou ils doivent des arriérés de payement de deux(2) ans et on n’a pas été capables en quatre (4) années de gestion de réaliser des travaux d’utilité publique, je crois que la réponse est là », a réagit Youssouf Camara
A la question de savoir si ce limogeage respecte le code des collectivités locales, ce conseiller communal parle de période d’exception
« Ce que les gens doivent comprendre, la tutelle des communes est le Ministère de l’Administration du Territoire. A ce titre, la tutelle elle-même peut décider de la mise en place d’une délégation spéciale conformément aux articles 100 et 101. À condition que si le tiers des conseillers se sont rendus coupables des crimes économiques et qu’ils ont été reconnus par un Tribunal, là, on peut dissoudre pour mettre une délégation spéciale. Mais ce cas est spécifique, en période exceptionnelle, on a vu l’assemblée nationale qui a plus de poids avec 114 députés. Mais c’est une décision qui l’a dissoute », explique-t-il.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com
