L’apparence est parfois trompeuse, dit-on assez souvent. A voir le quartier Belle-Vue notamment Belle-vue Ecole, on a l’impression que tout va bien, quartier calme, paisible, quelque peu bien lotit.
Mais cette image contraste avec la triste réalité interne de ce quartier de la commune de Dixinn. Il est estimé à 16 mille habitants. Soit le plus peuplé de la commune de Dixinn à en croire les statistiques démographiques de 2016, ce quartier qui abrite les cases de Belle-vue est dépourvu de presque de la quasi-totalité des infrastructures de base. Manque de marché public, de centres de santé mais aussi et surtout d’eau à la pompe cela depuis 2008, telles sont entre autres les difficultés dont sont confrontés ces habitants.
Il est 8h du matin, le forage du quartier ne désemplit pas. À majorité des femmes, chacune detient des bidons de 20 litres et des bassines. Le nombre ne semble guère surprendre Hadja Bountou Djoliba, gestionnaire du forage depuis sa construction en 2009 par le capitaine Moussa Dadis Camara. Cette dernière veille scrupuleusement au respect des règles établies par la société pour empêcher toute sorte de pagaille autour, car le service est gratuit. En cas de panne, une unité d’action se crée par les femmes. Ici, l’eau de robinet ne coule plus depuis près de deux décennies.
“Nos robinets sont secs depuis le temps du feu Général Lansana Conté, il nous faut partir jusqu’à Dixinn pour chercher de l’eau de robinet. Et lorsqu’on part aussi en groupe, les propriétaires de ces robinets nous chassent comme des malpropres. Ce n’est qu’en 2009 que le Président Dadiss nous a offert ce forage et il nous aide beaucoup. Mais pour boire, il nous faut sortir chercher l’eau du robinet, c’est pourquoi nous demandons au Colonel Mamadi Doumbouya de nous aider à avoir l’eau de la SEG ici à la Belle-vue Ecole”, plaide Aissata Touré.
Ce forage est ouvert de 06h du matin à 20h du soir. Il fonctionne à base de courant électrique. S’il y a coupure d’électricité, la population sera obligée de partir dans les quartiers environnants pour trouver de l’eau. Chez eux, même les puits ont tari. Ce n’est pas le seul problème auquel les femmes sont confrontées dans cette partie de la capitale. Hadja Bountouraby Camara dénonce aussi le manque de marché.
“Il n’y a pas de marché pour le quartier Belle-vue Ecole, celui du rond-point (Près de la grande statue de l’éléphant au rond-point ndlr) ce n’est rien ça. Même quand vous partez là-bas tout à l’heure, vous le constaterez par vous-même. Tous les jours, on chasse les femmes vendeuses là bas et finalement, elles ont toutes fuient pour partir au marché de Kénien. S’il n’y a pas ce qu’on appelle Gnèguema dans un marché, ce n’est pas un marché fait pour nous les pauvres. Il faut que les autorités nous aident en construisant le marché pour nous. Sinon, ça ne va pas”, fait-elle savoir.
A Bellevue École, la santé de la population est reléguée au second plan. Pas de centre de santé, le quartier comprend pourtant sept secteurs et sa population est estimée à 16 mille habitants. Soit le plus peuplé de la commune de Dixinn à en croire les statistiques démographiques de 2016.
“Quand une femme doit accoucher, il faut aller au centre de santé de Maciré (A Dixinn) au CMC de la Minière (Commandayah), il faut aller à Donka ou à Ignace Deen. Moi je pense que le nombre de la population qui vive ici nécessite une infrastructure sanitaire quelle que soit la chose, il faudrait que nous ayons cela ici. C’est fondamental”, Souhaite Diao Diallo, le président du conseil de quartier.

En plus du manque d’eau et d’infrastructures sociales de bases, ce quartier n’a pas de cimetière pour enterrer ses morts. Sa population procède à l’unhumation de ses dépouilles dans les quartiers voisins notamment Dixinn Port 1 et Hafia.
Moussa Rama, pour lerevelateur224.com
