C’est un nouveau rebondissement dans le dossiers judiciaire de l’homme d’affaires, Kerfala Dabo. Alors qu’il a été blanchi dans le meurtre d’un ouvrier à Dabola, Kerfala a été de nouveau arrêté lundi dernier par la gendarmerie pour une survenance de faits nouveaux. Une nouvelle arrestation que son avocat, maître Salifou Beavogui qualifie d’extra judiciaire. Joint par notre rédaction ce vendredi, 04 février, l’avocat est largement revenu cette procédure.
En effet, le lundi, 22 novembre 2021, le citoyen Lamine Traoré, ouvrier de son état, a trouvé la mort par suite d’un tir de fusil au bord de la route nationale Dabola-Kourroussa. Présent sur les lieux au moment des faits, Kerfalla Dabo, homme d’affaire, ressortissant de Dabola, fut suspecté par les agents enquêteurs, d’en être l’auteur. Une procédure ouverte devant la justice de paix de Dabola qui s’est finalement soldée par un non-lieu, selon l’ordonnance rendue par le juge de ladite juridiction le 14 janvier 2022. Ce qui a permis la libération de l’homme d’affaires. Mais malheureusement, cette liberté n’a été que d’une courte durée.
Alors qu’aucun appel n’a été fait de l’ordonnance rendue par le juge d’instruction de la justice de paix de Dabola, Kerfala Dabo a été de nouveau arrêté lundi, 31 janvier 2022, et déposé à Kankan. Un acte que son avocat trouve non conforme à la loi.
“C’est une injustice inqualifiable. Nous avons toujours clamé l’indépendance de la justice, et je pense que cet autre cas là vient heurter sérieusement l’indépendance de la justice. Le 14 janvier 2022, l’ancien juge d’instruction de la justice de paix de Dabola a rendu une ordonnance de non lieu. Disons qu’il n’y a pas lieu à suivre contre Kerfala Dabo, ordonnant le classement du dossier de la procédure au greffe. Donc cette ordonnance de non lieu, est venue blanchir totalement notre client.
Cependant, tous les témoins oculaires ont attesté que Kerfalla Dabo n’a ni possédé une arme et n’a jamais tiré. Et jusqu’à présent, la preuve du contraire n’a pas été rapportée. Donc le juge d’instruction n’avait pas d’autre choix que de rendre son ordonnance de non-lieu. Nous avons présenté cette ordonnance qui est une décision de justice qui doit être immédiatement exécutée sauf appel, pour remise en cause naturellement du contenu par une autre juridiction supérieure.
C’est que, la justice ne peut pas libérer et que la gendarmerie arrête. Donc nous avons exposé les choses corps et âme pour toute réponse, mais on prend notre client, on l’emmène immédiatement à la brigade de recherche de Kankan, où il a passé plusieurs jours. Mais arrivé là, on veut le soumettre à un interrogatoire et il a refusé. Nous l’avons dit de ne plus rien déclarer, par ce qu’il a une ordonnance de non-lieu contre laquelle, il n’ya eu aucun recours”, a-t-il expliqué.
Furieux contre les agissements du parquet de Kankan, l’avocat rejette la survenance des nouveaux faits à cause desquels, son client a été de nouveau arrêté.
“Ce n’est pas un citoyen qui doit être mis en prison, mais très malheureusement, monsieur le procureur général près la Cour d’Appel de Kankan qui devait prendre ses dispositions, nous fait comprendre qu’il y a survenance de faits nouveaux. Quels faits nouveaux ? Il n’ya aucun fait nouveau. Quand il y’a un fait nouveau, c’est le juge en charge du dossier qui doit reprendre l’information. Mais c’est pas la gendarmerie qui n’a reçu ni commission rogatoire ni réquisition dans ce sens.
La survernance de faits nouveaux là, c’est faux ! Il n’ya eu a aucun fait nouveau. C’est une invention uniquement et savamment montée pour justement le mettre en prison. Tout ça, parce que c’est un homme très influent dans la contrée. C’est un homme, qui a une arrière parenté très assise, il fait des centaines d’hectares de riz. Donc c’est un grand agriculteur à la limite. Pour ternir son image, la gendarmerie l’arrête, on l’envoie à Kankan et il passe cinq jours là-bas et au moment où je vous parle, il est en route pour Dabola”, a indiqué l’avocat, qui exige l’application stricte de l’ordonnance de non-lieu rendue par la justice de paix de Dabola.
“On s’insurge contre cette injustice, cet arbitraire. Donc nous demandons humblement au juge de paix de Dabola d’exécuter l’ordonnance et le libérer.
On a dit que la justice est la boussole qui va guider tous les actes. Donc nous ne pouvons pas accepter que les citoyens soient brimés dans leurs droits de façon flagrante. Un citoyen qui a obtenu un non-lieu régulièrement rendu par un juge d’instruction et contre laquelle il n’ya eu aucun appel, on ne peut pas être repris comme ça dans la banalité pour dire qu’il y a faits nouveaux. Donc nous exigeons que le juge de paix de Dabola le remette en liberté. A défaut, nous serons obligés de faire des constats d’huissier et nous saisirons qui de droit”, a menacé maître Bea.
Bah Mohamed