Le pays fait face ces derniers temps à une épidémie de viols.
Chaque jour, la presse révèle un cas de viol ici à Conakry ou à l’intérieur du pays.
Face à la montée en puissance des violences basées sur le genre à savoir: violance conjugale , excision, viol sur mineure , mariage précoce, harcèlement…, notre rédaction a rencontré Diaka Camara, activiste des droits de la Femme qui oeuvre dans la lutte contre la discrimination de toutes sortes liée au genre.
Sa structure a inscrit dans son agenda, la scolarisation des jeunes filles.
“On se bat pour rehausser le taux de la hiérarchie en Guinée, et c’est à travers ces différents efforts qu’on s’est rendues compte qu’en ce qui concerne les violences faites sur le genre, d’abord, à la base, les jeunes ne savent même pas c’est quoi la violence basée sur le genre. Ils ne sont pas informés de leurs droits et de ce que la loi a mis en place pour les protéger. Quand on parle de violence basée sur le genre, on parle du mariage précoce , de la violence domestique, de harcèlement sexuel dans les milieux scolaires et professionnels. On parle du viol et vous savez que nous sommes dans la société très patriarcale, où les victimes sont toujours victimisées deux fois parce que d’abord, le crime est commis contre la personne, ça c’est le premier crime.
Le deuxième crime, c’est quand on t’oblige à garder ce silence. Une fille qui est violée avait du mal avant qu’on ne lance cette campagne à parler de ce viol, ou à pointer du doigt l’agresseur. Parce que la première chose qu’on va te demander, pourquoi tu étais chez lui, tu es habillée comme ça. C’est-à-dire, toutes les excuses pour te culpabiliser, toi, la victime. Alors que non, c’est non. Le viol de celui qui passe c’est celui qui commet l’acte. Donc la première chose c’est de porter plainte en brisant le silence et la plainte suit son cours. Mais aussi à encourager d’autres personnes qui sont dans la même situation qu’elle a brisé le silence. On se rend compte tu n’es pas seule ce n’est pas arrivé qu’à toi, il y a plein de personnes comme toi qui subissent la chose”, explique Diaka Camara.
D’après elle, tant que celle qui souffre de ces violences ne parle pas haut et fort comme ceux qui défendent ces violences, on n’arrivera pas à faire basculer la balance.
“Je n’ai pas voulu me focaliser sur une seule violence, par exemple, des filles qui se font violer à l’école ou des filles qui se font enceinter par le professeur, elles pensent que c’est normal. Ce n’est pas normal, c’est du viol, parce que tu es mineure, et tu n’as pas atteint 18 ans.
C’est du harcèlement sexuel, ou un professeur qui dit à son écolière si tu n’as pas des rapports avec moi, tu n’as pas cette note et je ne te fais pas passer en classe supérieure. Même dans les milieux professionnels, le patron qui dit à sa subordonnée si tu ne fais ça on (…)”.
Selon elle, le viol a toujours existé mais c’est aujourd’hui qu’on en parle.
“L’oncle qui viole la nièce, mais ce qu’on en parlait pas , il y a toujours des violeurs . Mais avant c’était la culture du silence. Parce qu’encore une fois, la honte était du côté de la victime et non du Bureau”.
Zeze Enèma Guilavogui pour lerevelateur224.com
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