Comme promu, mais, très malheureusement, dans la nouvelle République de toutes les espérances, chacun y trouve sa part. Il y a de la place pour tout le monde surtout pour ceux qui ont su vite et très vite que crier, cirer ou démarcher a des valeurs et des vertus.
Le Colonel de bonne foi et de bonnes intentions, soucieux du résultat immédiat et frappé par l’envie de bien faire accorde plus d’oreille et d’attention aux belles Gueules de la République et vendeurs d’illusion qui n’ont pour seul parcours, agiter l’opinion ou animer l’espace public.
Nul ne peut contester au Colonel Doumbouya son ardent désir de redressement, de reconstruction de la République. Cependant, ni la méthode ni les hommes ni les moyens à sa portée ne peuvent conduire à de meilleures espérances.
Le Colonel ne connait ni la Guinée ni les Guinéens.
Il est plus interressé au spectacle et à la séduction. La clameur publique a un grand effet sur ses décisions. Il veut plaire à tout le monde avec un équilibrisme irrationnel et très émotionnel.
Il veut incarner cette autorité d’une main de fer dans un gant de velours. Quel paradoxe?
Mais ce n’est point surprenant. Certains décrets pour ne pas dire l’ensemble, révèlent la meconnaissance du Colonel du fonctionnement de l’État ou du Guinéen lui-même.
La rupture avec un ordre, n’est pas brutal ni automatique, il est systémique et méthodique. Pas à coup de tête ni avec le coeur.
Mais malheureusement, la République du bonheur annoncé fait plus de la place aux crieurs, cireurs et démarcheurs de postes.
Le Colonel avec ses différentes nominations, se trompe fondamentalement et s’expose avec fragilité face à une opposition renforcée dans une transition purement politique.
Le Colonel s’est trompé de choix et d’options.
Aucun de ses Ministres n’est représentatif dans l’opinion parfois d’autres, avec une attache politique trop faible.
Avec la complexité du cas de la Guinée, le Colonel n’a ni de fusible ni de parachoc. C’est comme une maison sans disjoncteur abonnée à l’EDG. Le risque est énorme!
Il est seul desormais face à une opposition très présente et mieux outillée avec son coaching totalement raté.
Il oublie que tous ceux qui disent vive Doumbouya, vive le CNRD sont pour la majorité des militants de partis, portés plus par l’intérêt des leaders.
Les courtisans qui rôdent ne doivent pas compromettre la volonté de bien faire du Colonel.
La politique, c’est une affaire des initiés. Ce n’est pas un concours de diplômes ni une compétition de scientifiques.
Mais comme l’a dit George Orwell: “Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante”.
Le recul des opposants ou leur soutien apparent doit inquieter le président du CNRD.
Ils n’attendent que d’évaluer la valeur exacte de la maison et son contenu avant de provoquer un court-circuit.
La transition en cours a révélé la nature de chacun et les motivations de tous.
La Guinée importe peu. S’il faut cirer, crier ou démarcher pour un poste afin de servir son pays, alors le patriotisme n’est qu’usurpation?
Au Colonel d’être prudent et vigilant vis-à-vis des courtisans du Palais. Eux, ils n’ont rien n’a perdre.
Dadis pourra mieux témoigner!
Wassalam!
Marouane, éditorialiste.