Une vague de chaleur terrifiante est constatée ces derniers jours à Conakry et environs.
Alors qu’en pareille période de l’année, c’est plutôt un vent sec et humide (l’harmattan) qui devrait souffler sur la ville.
Un phénomène qui s’explique, selon Benoît Curtis, par la construction anarchique sur le littoral, notamment des immeubles qui empêchent la percée de l’air dans les foyers.
Dans une interview accordée à notre rédaction ce mardi 29 novembre, l’architecte d’État a salué cette décision des trois départements ministériels interdisant les constructions anarchiques sur les bordures de mer.
En outre, il est revenu sur les conséquences qu’a causées l’urbanisation anarchique dans la ville de Conakry qui frappe la capitale Guinéenne.
«Les deux(2) corniches sont la limite, et le littoral, c’est-à-dire, entre le domaine public maritime et la ville. Donc, ils l’ont séparé. Aujourd’hui, on constate que cette limite entre la ville et le littoral a été franchie.
Franchie par quoi ? Par l’urbanisation anarchique, ce qui fait qu’aujourd’hui la population n’a pas accès au littoral. Et lorsqu’une population n’a pas accès à un littoral, elle devient un dépotoir d’ordure. En dehors de types de déchets, l’élévation de la construction fait qu’entre la ville et le littoral, il n’y a aucune relation visuelle. Et si cette relation n’existe pas, la mer est bénéfique pour la ville(…) vous constatez qu’il fait très chaud dans la ville de Conakry. Donc, cette chaleur, il y a une relation entre le littoral et le changement climatique » explique-t-il, avant de faire savoir les bénéfices du littoral vers la ville :
« Dans les années 80, on constate qu’il y avait une bonne ventilation, mais aujourd’hui malheureusement, on a créé une façade maritime qui fait que aujourd’hui, cette ventilation naturelle est bloquée. Le ciel est bloqué par des bâtiments en hauteur et la ville ne bénéficie pas de cela.
Et si elle ne bénéficie pas dans cette relation ville-littoral et mer, c’est la ville qui subit les conséquences. Et si elle subit ces conséquences, elle n’aura pas le bénéfice de la mer. En dehors de ce bénéfice de la mer, de cette chaleur que nous ressentons, il faudrait des percées, et ces percées sont dûes à quoi ?
Des relations visuelles de tous côtés du littoral et il faudrait avoir une vue sur la mer, mais cela est fermée actuellement ».
Moussa Rama, pour Lrevelateur224.com