A travers un communiqué lu dans la soirée de ce mardi, à la télévision nationale, des membres du CNRD, ont annoncé que le chef de la transition Mamadi Doumbouya a accueilli favorablement les demandes de visite en Guinée des anciens présidents Commandant Moussa Dadis Camara et le Général à la retraite, Sékouba Konaté.
Une annonce saluée ce mercredi par l’avocat de celui qui est exilé depuis plus de 10 ans à Ouagadougou, la capitale Burkinabè. Me Jocameh Haba que nous avons interrogé s’est réjoui de la décision. Pour lui, si les anciennes autorités avaient refusé ce privilège à son client, ce coup d’annonce des nouvelles autorités sonne comme une évolution de la manifestation de la vérité dans le cadre du procès des massacres du 28 septembre, où son client est inculpé.
« Les autorités de l’ancien régime qui ont totalement refusé et celles d’aujourd’hui qui disent, vous pouvez rentrer. Il y a donc là une évolution, il y a donc là un changement. C’est pourquoi je dis qu’en tant qu’avocat, je vois les prémices d’une justice. Je vois qu’un homme qui, à un moment donné de l’histoire de notre pays a incarné la plus haute fonction de notre pays n’est plus privé de rentrer dans notre pays ne serait-ce que voir les siens. Parce qu’il est né en Guinée, il a sa famille en Guinée, et il a tout en Guinée mais vit au Burkina Faso malgré lui », a réagi l’avocat.
Pour savoir auprès de cet avocat si ce communiqué du CNRD n’est pas un piège pour pouvoir arrêter librement l’ancien président de la transition Commandant Moussa Dadis Camara déjà cité et inculpé dans le procès qui a vu des femmes violées et couté la vie à une centaine de personnes au stade de Conakry.
Me Jocameh Haba pense le contraire, d’ailleurs il qualifie ce communiqué du CNRD de symbolique qui vise l’unité et la réconciliation du pays
« Ce communiqué vise quoi ? Vise encore une fois, l’unité du pays, la réconciliation nationale. Je ne vois pas de piège à partir du moment où lorsqu’un juge d’instruction inculpe une personne, ce juge d’instruction a trois(3) pouvoir sur la personne. Il peut décider de laisser la personne totalement libre, il peut décider de rétrécir la liberté en la plaçant sous contrôle judiciaire, ou il peut décider de le priver de liberté en le détenant provisoirement après avoir émis un mandat de dépôt. Dans le cas du Président Dadis, il a été clairement en liberté, le dossier a suivi son cours normal. Et rien n’interdit qu’il parte n’importe où et rien n’interdit qu’il vienne en Guinée. Dans tous les cas, je peux vous rassurer, en tant qu’avocat je vais continuer à veiller sur ses droits et chaque fois qu’un acte sera posé dans le sens d’une quelconque violation mêmes les plus élémentaires de ses droits, je me lèverais contre de tels actes, j’exercerais les voies de recours qu’il faut ».
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com